Billet : L’art et la manière pour une école des beaux-arts





Par Imen ABDERRAHMANI
S’orienter vers une école des beaux-arts n’est jamais un choix facile. Il faut s’armer de passion et de patience pour pouvoir prendre sa décision et surtout convaincre la famille et les amis de la pertinence de ce choix; la société boude encore tout ce qui est artistique pour faire l’éloge du matériel. Nombreux sont aussi ceux qui ont rêvé tout au long de leurs études de combattre à l’aide de leur pinceau une laideur repoussante. Et tout comme la laideur, la beauté est relative. Nombreux sont aussi ceux qui ont vu leurs rêves se briser comme des vagues contre la falaise. Tout s’est évaporé à cause de ces «détenteurs» de galeries d’art qui ne croient qu’aux grands noms et aux lois du marché, précisément au gain qu’un artiste ou galeriste pourrait tirer d’une exposition.
Et c’est légitime tant qu’on ne vit pas aujourd’hui d’amour et d’eau fraîche. Mais ce qui reste impardonnable, voire injustifiable est que certains galeristes imposent à nos jeunes artistes, encore au début du chemin, des contraintes strictes pour accueillir leurs œuvres. Cette méfiance à l’égard des futurs artistes et cette réserve peuvent s’expliquer par différentes thèses et différentes logiques. Parmi les causes majeures de ce manque de cordialité la méconnaissance par les galeristes de cette nouvelle génération d’artistes.
En l’absence d’une bonne communication, les rêves de ces artistes en herbe risquent de rester longtemps dans l’œuf avant de se transformer en réalité et leurs œuvres peuvent également rester des années dans l’ombre avant de voir la lumière.
Une bonne communication commence par l’établissement universitaire ; cela veut dire qu’il faut multiplier les rencontres et ne jamais se contenter d’une seule exposition annuelle. Comme c’est le cas pour l’Ecole des beaux-arts de Tunis dont l’unique exposition est organisée annuellement au musée de la Ville de Tunis. Il faut donner aux jeunes l’occasion de s’exprimer. Imaginez que nos écoles des beaux-arts ne possèdent pas de galeries permettant d’accueillir les œuvres de leurs étudiants ; ne pensez-vous pas qu’il est temps, alors que nous célébrons l’Année internationale de la jeunesse, de penser à aménager au sein de chaque école une salle d’exposition accueillant, selon un planning, quelques expos d’étudiants et de leurs enseignants ? Expositions auxquelles on convie médias, galeristes et amis pour aider ces jeunes à faire leurs premiers pas ? Rien n’est sorcier, il faut simplement y penser et baliser la voie aux futurs artistes.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com