Corée du Nord : Le nucléaire, l’argent du nucléaire et le sourire de la communauté internationale





Tantôt belliqueuse, tantôt diplomatique, la politique de la Corée du Nord n’est pas si improvisée qu’elle en a l’air. Zoom sur un fief du stalinisme… le dernier au monde.
République populaire démocratique de Corée… le nom suscite autant d’appréhension que de curiosité. Ce régime des plus atypiques ne cesse en effet de tenir en haleine le monde entier, enchaînant les escalades de violence et les messages codés à une communauté internationale quasi impuissante face à la situation malgré ses menaces répétés à l’encontre de Pyonyang.
Il faut dire que ce pays détient une carte importante qui fait de lui ce partenaire de négociations qu’on aimerait faire disparaître d’un tour de magie mais qu’on invite à s’asseoir autour de la même table. S’il n’a pas la bombe, ce qui n’est pas très sur, le régime coréen détient en fait la technologie nucléaire, ce qui lui donne une arme encore plus stratégique que la bombe elle-même : le potentiel de prolifération. C’est d’ailleurs ce qui donne à Kim Jong Il toute cette flexibilité à manier son procédé de prédilection, en l’occurrence le chantage politique. Rappelons que les USA sont le plus important fournisseur en aides alimentaires de la Corée de Nord. Rien de plus explicite.
Misant sur le nucléaire au détriment du développement qui en a payé le prix, d’une économie très précaire, et d’un peuple qui a côtoyé la famine de près à maintes reprises, Kim Jong Il- c’est malheureux de le dire- a eu raison. Du moins stratégiquement.
Alors les mains libres, le président nord-coréen impose sa politique au monde entier et à ses voisins dont notamment « sa douce moitié » pas vraiment douce, la Corée du Sud.
Le 27 mai 2009, la Corée du Nord estime ne plus être liée par l’armistice qui a fait cesser la guerre de Corée, et ce après un nouvel essai nucléaire et plusieurs tirs de missiles courte portée, ce qui a eu pour effet de motiver son voisin du Sud à adhérer à l’Initiative de sécurité en matière de prolifération. D’autant plus que Pyonyang peut compter sur un allié de taille : la Chine.
Sur le plan interne, l’Histoire ne fait que se répéter. La Corée du Nord est en effet dirigée par une dynastie, celle des Kim. L’actuel président qui a pris les rênes du pouvoir après le décès de son père vient de désigner son dauphin : son fils. Même si quelques cadres du parti au pouvoir et certains membres des Kim rouspètent quant à cette transition, Kim senior poursuit la mise au point de ses plans, au prix même d’un bombardement, mardi dernier,d’une île sud- coréenne, pour réunir le régime autour des choix de celui qui cultive un culte de la personnalité digne d’un dieu.
Ainsi, entre fermeture de centrales nucléaires et réactivation des installations, Kim Jong Il donne le tournis à des partenaires qui ne savent plus réellement quoi faire face à cette- osons le dire- puissance nucléaire.
Malade, ce vieux de la vieille de la politique cèdera sa place à un fils qui apprend encore les ABC du pouvoir.
Que fera le jeune Kim avec cette bombe à retardement que lui lègue son papa?
Attendons voir.


Fatma BEN DHAOU OUNAÏS




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com