Tri sélectif des déchets : A quand l’implication citoyenne ?





Dans plusieurs pays d’Europe, le tri des poubelles est un sport national.
Les Tunisiens peuvent-ils suivre le même chemin et devenir des champions dans la même discipline? C’est possible!
Il y quelques années, les déchets plastiques étaient devenus un véritable casse-tête pour l’environnement. Les mutations socioéconomiques accélérées qui ont marqué le pays au début des années 90, ont laissé émerger de nouveaux comportements de consommation se manifestant surtout par une explosion incontrôlable des déchets.
Prises au dépourvu, les autorités chargées de la collecte des déchets étaient incapables de ramasser tout ce que des millions de Tunisiens, écologiquement «trop peu responsables», laissent derrière eux. Aujourd’hui, tout cela relève du mauvais souvenir. Le problème des déchets plastiques est définitivement résolu. La recette magique a consisté à instaurer un réseau de collecteurs rémunérés et d’unités de valorisation des emballages plastiques. Joignant l’utile à l’agréable, l’opération a permis de préserver l’environnement de ce que les écologistes considèrent l’ennemie numéro un de la nature, tout en faisant vivre des centaines de familles à travers les milliers d’emplois créés.
Lancé en 1998, le concept a permis de révolutionner les techniques de reprise et de valorisation des déchets plastiques. En Europe, la collecte sélective des déchets est un processus auquel tout le monde contribue et où les ménages forment le premier maillon de la chaîne. L’instauration du principe du pollueur-payeur, adopté par la plupart des pays, a fait que le tri des déchets devienne un réflexe citoyen. En France, des études ont montré que le tri à la source des déchets ménagers permet de recycler 60% des emballages à l’échelle nationale.
En Tunisie, les autorités intervenant dans le domaine de la gestion des déchets souhaitent arriver à ce résultat en développant la collecte sélective chez les ménages. L’action consiste à promouvoir l’adhésion de la population aux efforts de valorisation des déchets. La loi cadre relatives aux déchets et au contrôle de leur gestion et de leur élimination en Tunisie stipule en fait que seuls les déchets non recyclable sont destinés aux décharges. Une expérience initiée en 1992 dans la région de Tunis prouve que le concept a toutes les chances de réussir en Tunisie s’il y a volonté.
L’action qui s’est étalée sur une période de quatre ans, a consisté à mettre en œuvre un programme de tri sélectif des ordures ménagères en suivant le circuit, du ménage jusqu’à la production du compost. Le financement de ce projet a été assuré par un don luxembourgeois d’un montant de 1,5 millions de dinars, en plus de la contribution du budget de l’Etat tunisien à raison de 300 mille dinars. Des conteneurs de différentes couleurs ont été fournis aux ménages, d’autres placés dans les rues, un centre de tri et une unité de compostage ont été construits dans le cadre de ce projet.
Touchant la propreté, la protection de l’environnement, la valorisation des ordures ménagères et la formation du personnel en plus de la sensibilisation des ménages, le projet a atteint ses objectifs. L’évaluation a fait ressortir que près de 70% des déchets triés sont transformables en compost. Malheureusement, il n’y a pas eu de suivi de l’opération : le tri a été abandonné et l’unité de compostage a cessé de fonctionner. Le projet a montré pourtant qu’avec de l’organisation et du matériel, le tri sélectif est une option qui peut très bien marcher dans nos villes.

Hassan GHEDIRI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com