«Viva Laldjérie» de Nadir Moknèch : Femme, je vous aime !





Second long-métrage du réalisateur algérien Nadir Moknech, «Viva Laldjérie», datant de 2004,  a été projeté dans le cadre des 16e journées du cinéma européen.
Ce film oscille entre la comédie légère et le drame, sur fond d’une Algérie ayant dépassé sa période de terrorisme intégriste des années quatre-vingt-dix du siècle dernier. Mais la peur demeure. Une peur intérieure que vivent, ou semblent l’ignorer, trois femmes ayant pu défier le diktat et la loi des barbus. A travers leur quotidien, cette liberté retrouvée est vécue parfois même douloureusement. Les images ne trompent pas et le réalisateur, à travers les histoires de ces trois femmes, vient symboliser le refus de ces femmes à vivre cloîtrées. C’est une Algérie qui prend conscience de son aspiration à la belle vie, à l’amour et au bonheur. La nostalgie d’un temps heureux où les cabarets pullulaient, pour Papicha, la mère. La volonté de vivre leur vie, de travailler et de disposer librement de leur corps chez la jeune fille Goussem et sa copine. Cette dernière sera assassinée, signe que le terrorisme rôdait toujours, malgré un semblant d’accalmie, au début des années deux mille.
«Viva Laldjérie» emprunte pour son titre le slogan populaire algérien, plus utilisé dans les stades. Une manière de rappeler que l’Algérie, notre pays frère et ami, vivra toujours, contre vents et marées. L’Algérie y est symbolisée par les femmes qui ont toujours fait preuve d’héroïsme et de militantisme depuis l’époque coloniale et ont participé activement à la bataille de libération. Leur détermination demeure pour une Algérie libre et démocratique et pour un avenir meilleur pour les femmes et pour les hommes de ce pays. Sur fond de musique Raï, le film symbolise cette volonté de quitter le pré-établi à travers ce genre musical occulté depuis des lustres et qui a fait (refait) surface dès les années quatre-vingt du siècle dernier. Le Raï, que l’on chante dans le film, à travers un «tube» d’une chanteuse de Raï (chercher la femme), a en fait donné une nouvelle image de l’Algérie à travers le monde, depuis une trentaine d’années.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com