La revue « Banipal » : Eclairages sur la littérature tunisienne contemporaine





Le 39e numéro de la revue londonienne « Banipal» a relancé le débat sur la littérature tunisienne contemporaine, déchirant un silence qui a longtemps régné sur nos maisons d’édition.
Il a fallu attendre de longues années pour voir des textes tunisiens traduits dans la langue de Shakespeare. Il fallu également que Samuel Shimon, écrivain et éditeur de renom, à qui nous devons notamment « Un Irakien à Paris » parvienne à mettre noir sur blanc ce vieux projet, renouant avec ses premières amours.
Aujourd’hui, grâce à ce 39e numéro de la revue londonienne « Banipal » (magazine of modern arab literature) quelques fragments de la production littéraire tunisienne sont sortis de l’ombre. Publication d’une grande envergure permettant aux anglophones de se faire une idée sur quelques plumes qui ont marqué de leur empreinte la scène littéraire tunisienne, aidant à baliser le chemin pour des auteurs qui demeurent méconnus, en l’absence d’un solide projet de traduction.
« J’ai découvert la littérature tunisienne il y a plus de trente ans, suite à une pure et étrange coïncidence. J’étais confortablement attablé dans un café quand j’ai écouté trois jeunes hommes discutant de la littérature, analysant et disséquant avec fougue des œuvres de la littérature mondiale. La discussion m’a beaucoup passionné, je me suis approché et j’ai fait la connaissance de ce trio, formé par Khaled Ennajar, Habib Selmi et Hassouna Mosbahi. Et c’est grâce à ces amis que j’ai fait la découverte de la scène littéraire tunisienne», nous a confié l’éditeur de la revue, également écrivain, qui a profité de son passage en Tunisie pour affiner quelques projets.
C’est tout au long de 224 pages de la revue que des figures emblématiques de la littérature tunisienne classique comme Abou El Kacem Chebbi, Béchir Khraïef, Mahmoud Messaâdi et d’autres se côtoient avec des écrivains qui ont marqué et marquent encore la scène littéraire contemporaine. Des traductions de poèmes et de nouvelles de Habib Selmi, Amel Moussa, Rachida El- Charni, Moncef Ouhaibi, Walid Soliman, Samir Ayadi, Noura Ben Saâd, Mansour M’henni, Hassouna Mosbahi, Ezzeddine Madani, Amina Saïd, Mohamed Ghozzi, Tahar Bekri, Faouzi Zouari, Noureddine Bettaïeb, Sghaier Ouled Ahmed et d’autres encore constituent une invitation ouverte aux lecteurs comme aux éditeurs étrangers à découvrir des œuvres qui malheureusement n’ont pas réussi à franchir les frontières, pour de nombreuses raisons.
Grâce à un réseau solide de traducteurs chevronnés, nos écrivains ont retrouvé l’espoir, en voyant leurs idées et leurs émois traduites avec un soin méticuleux. Le 39e numéro de Banipal sera-t-il le déclic pour un travail de traduction et de médiatisation de la littérature tunisienne? C’est ce qu’espèrent les intellectuels tunisiens.

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com