Billet : Quoi de neuf ? Rien ou presque !





Nous avons évoqué à maintes reprises les initiatives prises par certains passionnés du 7e art qui ont œuvré, avec enthousiasme et fougue, pour tracer des programmes intelligents dont le but est de séduire les cinéphiles. Cela veut dire que, dans quelques rares espaces, le cinéma a pu retrouver sa place après l’avoir perdue des années durant. Un vent de changement a soufflé sur certains écrans qui se sont illuminés de nouveau, offrant à un public de tous les âges un bouquet d’images et d’émois, des histoires des quatre coins du monde.
Mais ce coup de baguette magique n’a malheureusement pas dépassé le centre-ville. Bien que certaines structures associatives aient tenté leur chance, essayant de concevoir quelques manifestations, les choses n’ont pas tant changé. Rencontres et colloques se sont succédé dans toutes les villes de Tunisie. Des journées dédiées au cinéma tunisien du Nord au Sud ont été lancées. Mais à quoi sert-il de multiplier les manifestations et de croiser les rendez-vous tandis que les programmateurs se contentent de réchauffer de vieux films datant de plus d’une quinzaine d’années? Films dont quelques-uns ont été diffusés à la télé, également à maintes reprises!
Selon quelle logique les programmateurs ont-ils conçu ces manifestations? Quelle a été la priorité pour ces concepteurs? Le remplissage d’une scène artistique manquant de dynamisme ou l’excitation de la curiosité des cinéphiles? Selon les programmes présentés, il semble que la première occupation des programmateurs est la conception d’une manifestation tout simplement. Pour la qualité du film, rares sont ceux qui y pensent. Sinon comment peut-on expliquer l’absence du film «Les palmiers blessés» d’Abdellatif Ben Ammar, «Fin décembre» de Moez Kamoun ou encore toute cette belle série de documentaires et courts-métrages produits entre 2009 et 2010 de toutes les programmations régionales ? Comment peut-on séduire le public si les programmateurs se contentent de répéter des films déjà vus ? Comment veut-on consolider le lien entre public et cinéma si les responsables continuent à prôner la facilité ? A méditer !

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com