«Film Socialisme» de Jean Luc Godard : Notre monde, comment ça va avec la douleur ?





Pour inaugurer ses séances, le nouveau ciné-club de la salle du «7e art»,  a projeté le tout dernier film de Jean Luc Godard : « Film Socialisme. » Un plaidoyer pour une autre Europe, un autre monde.
Qu’on se le dise. Godard reste Godard et il ne faut point en être étonné. Ce cinéaste, encore en vie et en action, appartient et reste le témoin de la « Nouvelle vague » française de la fin des années cinquante du siècle dernier ; celle d’un groupe de critiques des « Cahiers du cinéma » qui avaient décidé un jour de se placer derrière la caméra. Anticonformiste et anti-conventionnel, Godard défend autrement ses thèses, ses idées et sa manière de voir le monde. Il le fait avec ironie et parfois même avec un humour froid et noir.
Dans «Film Socialisme», il ne change pas son fusil d’épaule et continue à raconter le monde d’aujourd’hui, en se référant à l’Histoire de l’humanité. Et c’est comme si l’Histoire se renouvelait pour lui , mais aussi pour le monde entier. Il choisit dans ce film de nous embarquer sur un grand navire pour une croisière à travers la Méditerranée. Un voyage dans le temps et dans l’espace, pour faire autrement, comme toujours. Le choix du Mare Nostrum n’est pas fortuit, puisqu’il est un passage obligé vers les civilisations de l’Humanité, qui y sont nées. Quant au choix de la croisière, il lui aura permis d’être au cœur de cette atmosphère fictive où se retrouvent des gens très aisés, pour des vacances en pleine mer. Godard raconte «des choses», «comme ça». Il choisit sciemment de briser les tabous de l’image, pour révéler des vérités. L’image est floue, en support vidéo, en support film. Elle doit raconter pour faire voir. Les personnages, dans ce film, sont cosmopolites. Ils représentent l’humanité, «nos humanités» dirait-il.
La caméra débarque en Egypte, en Grèce, en Italie, en Espagne, en France et en Palestine. Et là, Godard ne mâche pas ses mots pour rappeler ce drame de l’humanité, cette absurdité qui continue. L’absurdité est d’ailleurs comme un dénominateur commun dans le film. Le socialisme serait-il la solution idoine pour panser les plaies du monde d’aujourd’hui, qui se débat de crise en crise continuelle. La scène du tribunal de l’enfance est symbolique, mais d’anthologie. Deux enfants organisent un tribunal pour leur parents, afin d’en savoir plus sur la liberté, l’égalité et la fraternité. Les clins d’œil saisissants du réalisateur, ne s’y comptent pas. La démocratie et la tragédie sont nées en Grèce, par exemple. Des vérités générales, des idées à creuser et une invite à la réflexion sur l’avenir de l’humanité. C’est à prendre ou à laisser, en toute liberté.

Lotfi BEN KHELIFA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com