Vu en France : Rama Yade a rejoint Borloo





Opposée à Jean-François Copé sur la manière de lutter contre le Front national, elle a rejoint le Parti radical, plus «humaniste».
De notre correspondant permanent, François Bécet
Marine Le Pen n’a pas fini de faire trembler et s’interroger la classe politique. Celle qui devrait succéder à son père à la tête du Front national recueillerait 17% des voix lors du premier tour de la présidentielle selon certains sondages et ses idées ne déplaisent pas aux électeurs de la droite classique. 54% des sympathisants de l’UMP approuvent, en effet, son récent parallèle entre les prières de rue des musulmans et l’occupation.
Indirectement, cette sortie indigne a poussé Rama Yade à s’éloigner de l’UMP tout en y restant. Explications. L’ancienne secrétaire d’Etat aux Sports, écartée lors du remaniement sans doute, dit-elle, en raison de son profil fait «d’humanisme et de progressisme» qui «ne correspond pas forcément» à celui du nouveau gouvernement, aurait aimé rebondir vite et se voir confiée par l’UMP une mission sur la cohésion sociale. Lors d’une rencontre avec le président, ce dernier aurait donné son accord en ajoutant selon la conseillère régionale francilienne «qu’il compatit sur moi, que j’avais du talent et qu’il souhaitait que je m’investisse.»
Tout aurait donc pu aller au mieux, mais Jean-François Copé a dit non. Une question de philosophie, d’axe de lutte contre le Front national. Si pour Rama Yade, il faut poser la question de la cohésion sociale et y répondre, le nouveau patron de l’UMP veut aller porter la lutte sur les terrains occupés par le FN. L’UMP doit se saisir «des questions de société qui provoquent de l’inquiétude chez nos concitoyens, l’immigration clandestine, l’échec de l’intégration et les questions religieuses», pour en faire un «pilier» de son projet, au même titre que les questions économiques. Copé souhaitait même relancer le débat sur l’identité nationale, proposition rejetée par Fillon et Baroin.
Selon la jeune femme, le parti majoritaire fait fausse route avec une telle stratégie, «pour une simple raison : c’est que Marine Le Pen n’est pas uniquement sur les questions d’immigration, de sécurité, elle est aussi, et c’est ça qui la rend convaincante aux yeux de certains Français, sur la souffrance sociale». «Nous ferions une erreur que de minorer ou sous-estimer cela», a-t-elle lancé. Elle reproche au parti majoritaire de «préférer dire oui aux référendums suisses et non à ceux qui incarnent la droite sociale et humaniste».
Cette droite de son cœur, Rama Yade l’a trouvée au parti radical de Jean-Louis Borloo. Elle vient donc d’y adhérer pour faire valoir ses idées et développer son projet. Attention, prévient-elle, «je ne suis pas dans l’opposition, mais «la majorité a besoin d’une aile droite mais aussi d’une aile gauche et centriste» incarnée par la Parti radical. Ce dernier appartient d’ailleurs à l’UMP qui le soutient financièrement.
Plus libre de parler comme elle l’entend, toujours sarkozyste –«j’ai le cœur assez grand pour en aimer deux»-, Rama Yade, icône populaire va-t-elle faire pencher le centre à droite?


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com