Lecture : Quel titre aimeriez-vous ?





On n’impose jamais un plaisir, un vrai. Mais on peut aider les gens qui en sont privés à le déguster et pourquoi pas en devenir mordus, voire amoureux…
«Il s’agit d’une lutte, d’un patrimoine, de l’histoire de nos ancêtres et de l’avenir de nos enfants : c’est ma définition de la lecture», affirme M. Hatem Ben Salem, ministre de l’Education lors de l’ouverture d’une conférence tenue hier sous le thème «l’initiation à la lecture».
«Malgré le travail continu et les efforts déployés par les différentes institutions de l’Etat, la lecture n’occupe plus, malheureusement, la position privilégiée tant souhaitée par les parents soucieux de l’avenir de leurs enfants et par conséquent de leur pays», note M. Ben Salem. Et d’ajouter: «Les programmes scolaires mis en place dans les écoles expriment une évidence : apprendre à lire est une priorité de l’enseignement primaire. De ce fait, il a été procédé à la consécration d’une démarche évolutive se devant de prendre en considération les spécificités et les exigences de chaque niveau scolaire». Pour mieux expliquer ses propos, le ministre de l’éducation a déclaré que l’école est la première concernée quand il s’agit de créer une relation intime entre l’enfant et la lecture «C’est là où doit naître cette relation délicate entre nos bambins et le livre censé être leur ami le plus intime et le plus fidèle».
Ceci dit, les raisons de la désaffection sont aussi à chercher hors de l’école. Mme Jlassi, en sa qualité d’enseignante de la langue de Voltaire, abonde dans ce sens: «Beaucoup d’élèves n’aiment pas lire parce qu’ils n’ont pas de modèle. En outre, chez eux, on ne lit pas et le livre, malgré l’école ou bien le collège, n’a aucun sens, faute d’être lié à une expérience intime. L’entourage familial est un facteur déterminant ». Une idée, qui a été largement partagée par les participants à la conférence. «La famille est un élément indispensable en matière d’initiation à la lecture. Un parent doit être l’idole de son enfant et l’encourager à lire, tout simplement en lisant», ajoute M. Zouhaîer Dhaouadi, inspecteur d’enseignement de base. Et d’ajouter: «Il y a des parents qui qualifient d’indispensable l’activité de lecture et de géniaux les livres, alors qu’ils n’en ouvrent pas un seul. En revanche, les enfants aiment voler le feu sacré et imiter leurs premiers éducateurs. Bref, je pense que rien ne sera plus efficace pour stimuler la curiosité d’un petit que de disposer, même de façon épisodique, d’un livre chez soi. Du reste, je trouve qu’il est urgent de remettre les pendules à l’heure, d’autant plus que le livre n’est pas une personne qui appelle au secours dès qu’elle est délaissée»
Les bibliothèques publiques ont eu aussi leur part du gâteau et ont été fortement présentes dans les allocutions et les interventions des participants. «Franchement, pour susciter l’intérêt de nos jeunes et moins jeunes à la lecture, on doit commencer par mettre l’accent sur le niveau des bibliothèques publiques déjà existantes sous notre ciel», dit M. Rachid Saîden, directeur au ministère de la Culture. «Notre pays dispose de plus de 400 librairies publiques éparpillées aux quatre coins avec 30 bibliothèques ambulantes pour les régions du fin fond de la Tunisie. Ces bibliothèques offrent douze millions livres dont la majorité ne sont lus qu’une ou deux fois par an. Malheureusement, un Tunisien consomme un seul livre en douze mois. Pis encore : les livres demandés sont presque tous des livres de sciences humaines et non pas de culture générale». Pour en finir, M. Rachid a affirmé qu’il y a du pain sur la planche et que l’on doit redoubler d’effort pour l’initiation à la lecture.

Samah MEFTAH


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com