Contre-plongée : Le court en roue libre ?





Le court-métrage tunisien connaît, depuis peu, un regain d’évolution notoire qui le place côte-à-côte avec son «aîné» le long-métrage. Est-là une affirmation définitive de ce genre cinématographique? Ou seulement un signe passager ? Ce que nous ne souhaitons point !
Certes, nos festivals de cinéma amateur, professionnel, national ou international soient-ils, y comptent beaucoup et s’y articulent carrément et totalement. Mais cela ne suffit pas, lorsque le court-métrage documentaire, de fiction, d’animation ou de dessins animés, a été exclu des avant-programmes des salles de cinéma, depuis plus de deux décennies. Mais cette grande déception venait-elle d’être attisée, par le retour timide, certes, des courts-métrages sur nos écrans ? Quelques salles ont eu le mérite de «prendre» ces films, encourageant ainsi les nouveaux jeunes créateurs, qui ne trouvaient point de salles pour projeter leur film. Le court-métrage n’est-il pas l’antichambre du long ? Mais, pour y parvenir, beaucoup reste à faire, devant la «démission» des exploitants face à l’enthousiasme des jeunes réalisateurs, qui ne manquent pas du tout de talent. Un «Je t’aime», «Moi, non plus !», en quelque sorte. Mais les occasions de projection de ces films courts, restaient à saisir, sinon à «arracher» devant l’indifférence presque générale des parties en place. Le court, ça ne court pas les rues, sous nos cieux. Pourtant, il fournit une idée sur ce qui se passe du côté de la création cinématographique tunisienne en puissance.
L’ATPCC organisera, comme à son accoutumée et à la fin de ce mois, sa manifestation annuelle dédiée au court-métrage tunisien: «Tunis, tout court». Il y sera projeté une sélection des tout récents courts-métrages tunisiens. Ces derniers ont eu la chance d’être projetés, dans leur majorité, aux dernières JCC et aux Journées du cinéma européen, dans le cadre du partenariat européo-méditerranéen. D’un côté, il y a beaucoup de films courts. De l’autre, ils sont projetés et reprojetés dans des manifestations culturelles. Qui les voit, alors ? Le public d’un jour, dirait-on.
Car le court-métrage doit rester celui de tous les jours. Les salles commerciales l’insèrent dans leur avant-programme, comme nous l’évoquions au début de notre propos, mais, ce ne sont pas toutes les salles qui en demandent. De plus, cela n’est pas continuel. Pourtant, la Tunisie ne produit pas annuellement des centaines de films de court-métrage, mais seulement une dizaine, sinon une vingtaine au maximum. C’est une mince affaire à saisir par nos exploitants-programmateurs. Le court sera-t-il, en roue libre, dans les années qui viennent? D’autant plus que les diplômés des différentes écoles de cinéma, mais aussi les autodidactes, se multiplient d’année en année. C’est à croire, pour le moment, que nous avons plus de réalisateurs, que de films, courts ou longs soient-ils. Mais le court-métrage devrait toujours garder son charme et être vu par tous, répétons-le.

Lotfi BEN KHELIFA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com