Journées musicales de Carthage : On n’est pas sorti de l’auberge !





La seconde soirée des JMC réservée au concours des chansons et des œuvres instrumentales, n’a pas pu révéler de bonnes surprises avant-hier soir au Théâtre municipal de Tunis.
De deux choses l’une et cela s’était répété déjà durant toutes les précédentes éditions des festivals de la chansons et de la musique tunisienne. Le comité de sélection visait peut-être et toujours mal ses choix, laissant le public sur sa faim, ou peut-être que les auteurs (paroliers et musiciens) ont perdu leur créativité et leur chemin dans les recherches inutiles, afin de moderniser et de «trouvailler» des coquilles vides ! Où était passée la simplicité qui faisait le charme de notre chanson? Une simplicité qui ne compliquait pas les choses et donnait à entendre des chefs-d’œuvre, encore vivants et inégalés à ce jour. Le phrasé n’est pas l’affaire de n’importe qui, certes, mais un musicien-compositeur, qui se respecte peut y parvenir avec l’appui du parolier-poète de la chanson. Ce compositeur peut également «éclater» tel un Kaddour Srarfi, un Chedly Anouar, un Hédi Jouini ou un Mohamed Ridha qui ne compose plus, étrangement; comme si la retraite administrative était venue influer sur la création artistique ! Et dans ce même ordre d’idées, plusieurs compositeurs-ténors de la chansons tunisienne s’en étaient éloignés. En suivant la seconde soirée compétitive des Journées musicales de Carthage, dans leur première édition, on ne pouvait que regretter que les Salah Mehdi, Fethi Zghonda, Hamadi Ben Othman ou Hédi Mabrouk pour ne citer que ceux-là, aient choisi de quitter, de leur vivant, la chansons tunisienne. La frustration s’est installée, depuis bien des années, chez les mélomanes. Elle s’est d’ailleurs manifestée durant la soirée des JMC. Sur dix œuvres instrumentales et vocales, une ou deux, pour être optimiste, sortaient de l’ordinaire.
Les artistes débutants, ou confirmés, s’étaient succédé sur scène dans un théâtre à moitié vide. Et c’est comme si l’on faisait les choses à moitié. Les paroles ne touchent plus l’oreille. Car les mots font parfois la musique d’une chanson; une belle chanson, en l’occurrence, capable de toucher, d’émouvoir et de rester en mémoire. Le mérite des JMC 2010 serait dans la participation massive de chanteurs et de compositeurs maghrébins, dans le cadre de la compétition. Une ouverture logique, sachant que la collaboration entre les artistes tunisiens, algériens, marocains et libyens, ne date pas d’aujourd’hui. La chanson «Mhabbet omor», chantée délicatement par Mounir Mehdi, sur des paroles de Jelidi Laouini et une composition de Youssef Riahi, émergeaient du lot, grâce à la simplicité que nous évoquions. Une autre chanson: «Ma ihemmech», de Yousra Mahnouch, à la voix forte et limpide écrite par Hassen Mahnouch et mise en musique par Slim Dammak, retenait l’attention. Cette chanson s’inscrit dans les rythmes tunisiens pour concocter des œuvres agréables à entendre et à consommer.
Quant aux instrumentaux, ils n’étaient que deux et aux antipodes de la création. «Al Kahena», de Outaïl Maâoui, était un voyage avec plusieurs musiques et rythmes, accompagnés par des solos de violon saisissants de son compositeur. La seconde œuvre instrumentale s’intitulait: «Taammoulet» (réflexions) de Béchir Gharbi. Ce dernier était accompagné de son sixtet et n’avait point «besoin» du grand orchestre de la soirée. Les solos de «Oud» et de violon, ajoutaient plus d’entrain à l’atmosphère. Mais ce morceau rappelait, un peu trop, la musique turque. N’est-il pas vrai que la musique arabe s’en est influencée et y puise encore aujourd’hui?


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com