Animation pour enfants : Un goût d’inachevé…





Bien que les manifestations culturelles destinées aux enfants durant ces vacances d’hiver, se soient multipliées, il reste encore du chemin à faire…
Quelques jours avant que les vacances démarrent, les maisons de la culture aussi bien que d’autres espaces d’art ont lancé leur programme. Seul objectif : convaincre et encourager les écoliers à adhérer à la programmation. Pour réussir, à chacun sa palette d’activités et quelques astuces dans l’air du temps. A Tunis comme dans toutes les autres villes, les enfants semblent être bien entourés, voire même gâtés. Musique, théâtre, animation, cinéma, peinture… telles sont les composantes de ce menu culturel, spécial hiver.
Dès le premier jour de vacances, un programme bien coloré a été lancé dans les différents espaces. De la maison de la culture Ibn Rachiq, à la maison de la culture Ibn Khaldoun, du Club culturel Tahar Haddad à Dar Lasram, de la maison de la culture Bab Souika à la maison de la culture Ibn Zaydoun… les affiches annonçant ces programmes spéciaux ne manquent pas.
Les bambins en fête
Mardi après-midi, la médina de Tunis a ouvert ses portes devant un public enfantin venu de différents quartiers et de nombreux espaces culturels. Détendus après le rythme effréné des cours et des examens, ils se sont laissé aller à ces rythmes endiablés émanant d’une chaîne stéréo, placée juste à quelques mètres du Centre culturel de Bir Lahjar. Sur des rythmes pop, house, rock, rap… sur toutes les notes, ils se sont trémoussés, ils ont dansé, sauté, ils se sont « éclatés » comme des Chakira, Beyoncé, Eminem, Justin Timberlake, Britney Spears... En l’absence des icônes nationales, nos petits ont trouvé ailleurs leurs modèles. Ils et elles étaient les stars d’une après-midi pas comme les autres. Le beau temps aidant.
A quelques mètres, pas loin, juste à la rue du Tribunal, il y avait un autre événement à suivre. Adhérents actifs des maisons de la culture, nos bouts de chou ont planté leurs chevalets et se sont donnés à la peinture. Aidés de temps à autre par des mamans attentionnées, nos bambins ont dessiné leurs rêves… Des petites belles maisons perdues dans la verdure, sous un ciel clair et ensoleillé. Jonglant avec les couleurs et les formes, croisant les tons chauds et froids, ils se sont bien amusés. Et ils n’étaient pas les seuls à trouver du plaisir en malaxant les couleurs sans être soucieux des techniques, des courants… Ils ont peint la vie, la liberté, la sérénité avec l’émotion d’un enfant. La même journée a été marquée par le vernissage d’une exposition de tableaux réalisés par une soixantaine d’écoliers relevant d’écoles du gouvernorat de Tunis.
Encore loin
Mais ces activités organisées ici et là suffiront-elles à donner d’autres couleurs aux vacances ? L’animation d’un jour durera-t-elle pour toujours ? Et la part des petits Tunisiens dans les autres régions ? Pourquoi les programmateurs continuent-ils à faire du remplissage et à réchauffer d’anciens programmes ? Excepté quelques passionnés, bien informés de l’importance pédagogique et psychologique de ce genre d’activités, de nombreux programmateurs ne font que se répéter. Les programmes ne semblent pas sortir de l’ordinaire. Manque de moyens ? Manque de créativité ? L’essentiel est que ces programmes diversifiés prônent la consommation passive. Nos enfants viennent écouter, voire… applaudir avant de quitter les lieux. Malgré les efforts déployés pour rendre plus agréables les vacances, il y a toujours ce goût d’inachevé. Rares sont les ateliers de dessin et de peinture, lancés en continuité avec les représentations théâtrales et les projections cinématographiques. Rares sont les ateliers où les enfants sont initiés à la photographie, la danse, la musique (la bonne), au théâtre. Rares sont également les excursions organisées, offrant à nos enfants l’occasion de découvrir les richesses du pays. Rien ne semble inciter nos petits à passer du rang de consommateurs passifs à de futurs créateurs, à prendre l’initiative, à s’exprimer: des spectacles de divertissement qui ne vont jamais de pair avec l’éducation et l’apprentissage.

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com