Contre-plongée : Les enfants d’abord





A l’occasion des vacances d’hiver, les salles de cinéma et les espaces culturels réservent une part importante de leur programmation cinématographique aux films pour enfants. Un cadeau de fin d’année, ou un événement circonstanciel ?
C’est tout d’abord, une opportunité à saisir par les programmateurs, pour garantir la présence du public de chérubins, accompagnés le plus souvent de leurs parents. Le choix des films est en plus, trié sur le volet; avec des nouveautés et en 3D, s’il le faut ! Une véritable fête, comme offerte par le père Noël, si on y croit, ou on n’y croit pas. Mais, outre le fait que les films pour enfants existent sur le marché, en DVD, en premier lieu, chez le détaillant, ou chez les distributeurs, en 3D cette fois-ci, ou en 35 mm, ils viennent toujours de l’étranger. Des productions américaines, japonaises, ou françaises dans tous les cas. Et le cinéma tunisien dans tout cela ? Cela se limite, depuis toujours aux courts-métrages qu’on produit, presque annuellement et destinés, en premier lieu, aux enfants. Les longs-métrages pour enfants ne sont pas encore l’affaire de bons scénaristes, producteurs et réalisateurs. De très rares expériences ont pu avoir lieu, dans ce sens. Et on demeure toujours hésitant quand il s’agit de penser aux enfants. «Nous n’avons pas trouvé notre compte avec les adultes, diraient les gens du métier et vous voulez qu’on se tourne vers les enfants?». Il est vrai qu’un film pour enfants pourrait coûter beaucoup plus cher qu’un autre pour adultes, et surtout s’il s’agit d’un dessin animé.
Les longs-métrages de fiction et les films d’animation, ou de dessins animés tunisiens, se comptent sur les doigts depuis cinquante ans ! Aujourd’hui, les documentaires et les courts-métrages, toutes catégories confondues, sont les plus prisés par les producteurs et les réalisateurs. Quant à songer à faire un long-métrage pour enfants (de fiction ou de dessins animés), cela relève de l’utopie. Notre cinéma souffre toujours des moyens financiers, si bien qu’on entend parfois un réalisateur tunisien dire qu’il réalise un film tous les dix ans pour pouvoir rassembler les fonds nécessaires. Un autre rythme de production, tout à fait à l’opposé de ce qui se passe ailleurs. Et tant que les sujets de nos films restent le plus souvent intimistes, cela aggrave plus la situation..
En Tunisie, nous avons même un festival international du film pour l’enfance et la jeunesse, le FIFEJ, qui va reprendre son activité en mars 2011, après une longue pause. Là aussi, et bien que ce festival soit biennal, les films qui lui sont destinés, n’existent presque pas du tout du côté tunisien. Du côté des films arabes, africains et d’Occident, le nombre de films n’est pas abondant. Cette crise semble aujourd’hui se dissiper, après les «Harry Poter» et autres «Avatar» avec ses 3D, qui ont changé l’image que tout le monde se faisait des films pour enfants, qui intéressent parfois et beaucoup plus les adultes ! Alors, ne faut-il pas penser aux enfants, en premier, pour produire des images capables de les intéresser et de les retenir à leur fauteuil.


Lotfi BEN KHELIFA




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com