Malek Sebaï/ Une danse nommée amour





Dotée d’un incontestable charisme scénique, Malek Sebaï, meneuse de revue dans «B-Ticino», était touchante dans sa manière d’accorder et d’affectionner le jeu d’une artiste dramatique, et la rigueur chorégraphique d’une danseuse-étoile. Avant-hier à El Teatro, Malek Sebaï était frémissante, électrique et magnétique, de la «frisette» jusqu’aux points des pieds nus. Le texte chorégraphique signé de la griffe de la danseuse contemporaine traduit,ici, des douleurs et des étouffements, des aubes et des crépuscules. Le tout nous entraîne dans les dédales d’une vie intime qui s’avère tumultueuse. L’artiste le dit lui-même «… Je pense que l’individu se doit s’être à l’écoute de son histoire personnelle interne pour que cette dernière lui révèle ses secrets à la fois les plus intimes et les plus universels… permettant ainsi la rencontre avec l’Autre». Sur scène, l’artiste en sort fille frêle, menant par une danse nerveuse et fluide les voies du cœur à coups secs. Il y a quelque chose d’éperdu, de fatal que déclinent ses pas et ses gestuelles regorgeant de sentiments. Et l’on est épaté par tant de maîtrise et de force expressive. Malek nous a offert en ces 35’ un spectacle couvrant à lui seul une carrière entamée par la danse classique et aiguisée entre temps pas une formation en danse contemporaine dispensée en France. «Je suis danseur» Mais ce n’est pas tout. Lotfi Ebdelli a donné un autre spectacle qu’il a nommé «Je suis danseur». L’amusement était le maître à bord de ce spectacle d’un quart d’heure. La chorégraphie laisse entrevoir les virevoltes d’un danseur qui se cherche à partir de tableaux foisonnants d’idées, mais laissant à désirer quant à la qualité de la prestation. «Je suis danseur» exprime la confusion du corps et la tourmente d’un artiste qui tente de ramasser les bribes éparses d’une personnalité qui éclate. Il semble, aussi, important de situer cette manifestation, qui figure dans la foulée du programme «Contre-rencontre» initié par El Teatro. On aurait montré le progrès de la danse contemporaine et confirmé le talent des jeunes en matière de scénographie, de chorégraphie et de danse. Des jeunes qui réussissent, aujourd’hui, cette alchimie heureuse entre la danse moderne (break dance, hip-hop…) et le théâtre, en leur conférant cette bouffée de fraîcheur… qui fait horriblement défaut ces temps-ci. Mona ben Gamra


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com