Création d’emplois dans les régions de l’intérieur : Et le rôle des agriculteurs ?…





«Pour contribuer efficacement à la création d’emplois dans les gouvernorats de l’intérieur, les agriculteurs ne doivent plus tarder à s’intégrer dans le cadre des sociétés mutuelles agricoles». C’est la conviction du président de l’UTAP.
Actualité oblige, M. Mabrouk Bahri s’est exprimé, hier devant les journalistes sur les événements qu’a connus le gouvernorat de Sidi Bouzid. Le président de la Centrale agricole a fait remarquer que «s’il faut toujours comprendre les causes menant à ce genre de situations, il est, cependant, intolérable d’exploiter ces circonstances à des fins politiciennes».
Sollicité de toute part par les journalistes à l’occasion de la conférence sur «la vulgarisation agricole», le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) n’a pas pratiqué la langue de bois pour diagnostiquer la participation de la filiale agricole à la politique de création d’emplois qui constitue depuis des années la priorité des priorités pour la Tunisie. D’après lui, le rythme de création d’emplois agricoles reste toujours lent malgré les programmes mis en œuvre en vue de stimuler les investissements dans les différents gouvernorats. «Il est vrai que 34 journées régionales de partenariat et d’investissement agricoles ont été organisées dans tous les gouvernorats, que plus de 1800 projets ont été créés au profit et en partenariat avec les jeunes diplômés mais il reste toujours un grand travail à faire», a-t-il noté.
Que faut-il faire pour que le secteur agricole assume entièrement sa responsabilité en ce qui concerne la création d’emplois dans les régions les plus exposées aux problèmes de développement socio-économique ? M. Mabrouk Bahri estime qu’aujourd’hui, «Il faut renforcer le rôle des sociétés de mise en valeur et de développement agricole qui doivent appuyer davantage l’Etat à travers l’emploi des ingénieurs et des techniciens diplômés des études agricoles». Il sera aussi question, toujours d’après le président de l’UTAP, de dynamiser la contribution des groupements de développement agricole et des associations de développement. Mais, conjointement, il va falloir accélérer la création des sociétés mutuelles agricoles. Au sujet de ces sociétés, M. Bahri reconnaît que cela fait des années qu’on en parle sans parvenir à n’en créer que quelques dizaines. Pour débloquer cette situation, le président de l’UTAP croit qu’il faut impérativement «Développer ces structures pour remédier au problème du morcellement des exploitations agricoles. Si l’on arrive à déclencher le processus on va certainement provoquer une véritable dynamique d’emploi car, j’en suis persuadé, ces sociétés pourraient être les principaux créateurs d’emplois».
Mais le problème de l’emploi des jeunes dépasse la simple notion de l’insertion, car, manquant généralement d’expérience, ceux qui choisissent de monter leurs propres projets agricoles sont souvent obligés de contracter des crédits auprès des banques. Car pour un jeune fraîchement diplômé, octroyer un crédit dans un secteur confronté à tous les aléas du climat, sans bénéficier de l’encadrement adéquat, relève de l’aventure. A cette étape, un grand travail doit être fait pour instaurer (et restaurer) la confiance mutuelle.


Hassan GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com