Tunis : Pension alimentaire impayée sur fonds d’ADN





Il faut vraiment avoir beaucoup d’imagination pour oser rejeter la paternité de ses enfants, obligeant la justice à recourir à la science pour trancher dans cette affaire…
On ignore combien sont exactement les pères divorcés qui refusent de payer la pension alimentaire, mais à voir le nombre de femmes divorcées qui courent les tribunaux pour contraindre leurs ex à subvenir aux besoins de leurs enfants, l’on peut déduire que les chiffres sont alarmants.
Et si en Tunisie, nous disposons d’un arsenal juridique qui protège les droits des enfants, malheureusement, certains pères continuent à faire l’oreille sourde recourant parfois à des moyens douteux pour fuir leurs engagements.
Ainsi, bon nombre d’entre-eux vont jusqu’à avancer les prétextes les plus graves sans mesurer les risques de leurs allégations sur l’équilibre de leurs enfants. En témoigne le cas de ce père divorcé qui a rejeté la paternité de ses enfants dans le seul but d’éviter la prison.
Dans cette affaire où d’emblée on a compris que c’était une union déséquilibrée. Il n’y avait, en effet, aucune harmonie entre les deux époux. Mais que faire lorsqu’on est amoureux. L’amour est aveugle dira-t-on. Raison pour laquelle cette jeune fille universitaire s’est trouvée mariée à un homme qui n’a même pas le bac. Pourtant, elle s’est contentée de dire que le niveau intellectuel n’est pas si important. L’essentiel est d’avoir à ses côtés un homme qui l’aime et la protège. Mais dès les premiers mois, la jeune mariée a découvert que l’élu de son cœur est un homme violent, agressif et vulgaire. Dans la mêlée, elle tombe enceinte et eut son premier enfant. Toujours est-il que l’ambiance à la maison n’a pas cessé de se dégrader, se transformant en éternelles altercations et querelles dont la victime était toujours la jeune mariée. Cette femme battue trouvera refuge auprès de l’un de ses collègues de travail à qui elle a pris l’habitude de se confier sans toutefois aller plus loin. Il faut dire que le bonhomme était de cette race d’hommes qui respectent les valeurs. Alors, c’était une belle relation d’amitié qui l’a poussé à en parler à l’époux de sa collègue. En vain, le mari a continué à frapper sa femme et la traiter comme une esclave l’obligeant à demander le divorce. Elle l’obtint et par la même occasion, elle eut la garde de son enfant à qui la justice a accordé une pension alimentaire mensuelle. Coup de théâtre le père s’est éclipsé refusant de donner le moindre sou à son enfant. Deux ans durant, son ex-femme a usé de tous les moyens pour le retrouver avant de perdre espoir et aller saisir la justice. Comme le veut la procédure, le mari fut mis sur la liste des personnes recherchées par la justice. Il ne tarda pas à tomber entre les mains de la police et fut remis à la justice. Deuxième coup de théâtre, le père déclara devant le magistrat chargé de cette affaire que l’enfant en question n’était pas le sien. Il accusa son ex-femme de l’avoir trompé avec son collègue de travail. Du coup, la justice décida de recourir à la science pour trancher dans cette affaire. Troisième coup de théâtre, les tests A.D.N. ont démenti le père et prouvé sa paternité de l’enfant. Il a été mis en détention et sommé de payer les sommes dues à sa femme.


Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com