Nos enfants et les réseaux sociaux : Votre enfant a un compte facebook !





On entend souvent dire que les parents ne devraient pas essayer d’être amis avec leurs enfants... Mais ceux qui prodiguent ce conseil tiennent-ils compte de l’évolution du terme «ami»? En effet, avec la prolifération des réseaux sociaux et l’attrait qu’ils présentent auprès d’un public de plus en plus jeune, bien des choses se sont transformées sur le plan relationnel. Des mères et des pères un peu abasourdis reçoivent des demandes d’amitié virtuelle de la part de leur jeune, alors qu’ils ont parfois beaucoup de difficultés à entretenir une saine relation avec lui dans la vie de tous les jours. C’est une nouvelle réalité qui est là pour rester : vos enfants sont sur Facebook, et ils y sont de plus en plus jeunes, affirme Pr Amira Bouhlel, sociologue.
Une limite d’âge à respecter!
Théoriquement, et selon Dr Amira Bouhlel, le réseau social Facebook est réservé aux personnes âgées de plus de 13 ans. Mais dans la réalité, des enfants beaucoup plus jeunes s’y créent des comptes. Il leur suffit de mentir sur leur année de naissance en remplissant le formulaire d’inscription... c’est simple comme bonjour! Alors, si vous recevez prochainement un avis indiquant que votre petite cousine que vous croyiez être en deuxième année primaire s’apprête à fêter son 22e anniversaire, ne vous étonnez pas trop.
«Sachez également que, depuis peu, le compte Facebook des enfants de moins de 18 ans n’apparaît pas lorsqu’on fait une recherche en utilisant un moteur de recherche général, comme Google. Encore ici, toutefois, cela est vrai uniquement si l’enfant a indiqué son âge véritable dans le formulaire. Et, puisque c’est bien connu, les adolescents n’aiment rien autant que de paraître adultes, il n’est pas rare qu’ils se donnent deux ou trois années de plus, même s’ils ont l’âge légal pour ouvrir un compte», ajoute la sociologue.
Les parents doivent-t-ils s’inquiéter?
Facebook comporte certains risques pour les jeunes, mais rien qui diffère vraiment des problèmes liés à l’usage d’Internet en général.
Comme sur l’ensemble du Web, certains des contenus circulant sur Facebook peuvent ne pas convenir à un jeune public. Bien que les contenus inappropriés, par exemple pornographiques, soient en principe interdits, il peut être difficile de contrôler toutes les photos et vidéos qui se retrouvent sur un réseau de cette ampleur. Il n’est donc pas impossible que votre jeune soit exposé à des images troublantes via son compte Facebook.
Un autre danger de Facebook, peut-être plus troublant encore, est celui de l’intimidation. En effet, les jeunes ont souvent de nombreux « amis » sur le réseau, et certains ne sont peut-être pas de véritables amis. Si un jeune mal intentionné décide d’entreprendre une campagne d’intimidation à l’endroit d’un autre enfant, il trouvera sur Facebook de nombreux outils qui l’aideront à mener à bien son sombre projet.
Pr Bouhlel indique qu’il est facile d’écrire de méchantes choses sur le mur d’un de ses amis, ou encore de le marquer dans une photo compromettante ou dans un statut insultant. Dans ces cas-là, la victime peut retirer l’identification ou effacer ce qui est écrit sur son propre mur, mais parfois, le mal est déjà fait. L’intimidation a toujours existé entre les jeunes, mais Facebook donne une tribune sans précédent aux agresseurs. La stigmatisation n’en est que plus douloureuse pour les victimes.
Ensuite, si votre enfant n’a pas réglé ses paramètres de confidentialité de façon optimale, il se peut que les informations liées à son compte (photos, publications, intérêts, amis, etc.), se retrouvent entre de mauvaises mains. Rappelez-vous que, là où il y a des jeunes, il y a des prédateurs! Certains adultes peuvent même se faire passer pour des adolescents afin d’infiltrer le cercle d’amis de votre enfant.
Quant aux paramètres de confidentialité, ils peuvent être réglés facilement au moment d’ouvrir le compte ou à n’importe quel moment par la suite. Par ailleurs, il faut savoir que les paramètres par défaut proposés par Facebook ne sont pas optimaux. Ils permettent à tous les usagers du réseau d’avoir accès à des informations très personnelles sur votre jeune : son nom, son âge, ses publications et sa liste d’amis, entre autres choses.
Reste à dire que le fait qu’un jeune ait un compte sur Facebook ne comporte pas que des inconvénients, bien au contraire. Facebook répond à un besoin d’identification, de regroupement et d’affirmation très typique des adolescents. À cet âge, on a besoin de faire partie d’un groupe! De nos jours, ça passe un peu par Facebook.

M.F.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com