Cinéma : Jafar Panahi en prison : Le 7e art iranien attristé





Le cinéma iranien est grandement peiné.  En effet, l’une de ses figures phares, Jafar Panahi, a été condamné à six ans de prison.
Le cinéma iranien est incontestablement l’un des cinémas les plus prometteurs du monde. Un cinéma qui, depuis la révolution de 1979, n’a de cesse de détourner la censure pour défendre et donner à voir un autre Iran. Certains, comme le cinéaste Abbas Kiarostami, qui a remporté la palme d’or à Cannes, a su contourner la censure pour donner une autre image de l’Iran. Abbas Kiarostami est un réalisateur qui réinvente sans cesse l’art cinématographique. Il expérimente l’usage de la caméra numérique et utilise essentiellement des plans moyens et des panoramiques avec de grands moments de silence. Kiarostami, c’est une autre façon de filmer, d’assembler les plans. C’est une autre écriture, plus calme et plus subtile. Il s’est fait discret lors des récentes manifestations pro-Moussavi parce qu’il était en pleine promotion de son film «Copie Conforme»avec Juliette Binoche.
Contrairement à Jafar Panahi, qui a été l’assistant de Kiarostami sur le film «Au travers des oliviers», et s’est engagé à dénoncer les dérivres du régime des gardiens de la révolution de manière frontale, directe et sans fioriture. Il l’a fait notamment dans «Le ballon blanc», qui a remporté la caméra d’or, et «Le cercle».
Abbas Kiarostami et Jafar Panahi font tous deux partie de la nouvelle vague iranienne. Un mouvement cinématographique initié par d’autres cinéastes comme Samira Makhmalbaf, Mohsen Makhmalbaf, et même Marjane Satrapi (Persepolis).
Le cinéma iranien n’est peut-être pas en deuil, mais il est très attristé de voir l’une de ses valeurs montantes, en l’occurrence Jafar Panahi, enfermé et mis à l’écart de l’histoire d’un des cinémas les plus engagés et les plus suivis au monde.


M. WALEY EDDINE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com