La révolution du peuple : Nul ne peut prendre le train en marche





Le soulèvement ou plutôt la révolte du peuple a pris de court intellectuels, diverses tendances politiques et  même le satrape Ben Ali, celui-là même qui a donné  une façade démocratique à un pouvoir personnel mené d’une main de fer et sans partage. Remontons l’histoire récente: les divers amendements constitutionnels, sous l’apparence de la démocratisation, visaient, en fait, à ériger une Constitution sur mesure pour un règne sans fin. Autour du «roi», s’était constitué un mur de courtisans qui , non seulement cherchaient à consolider ses pouvoirs, mais étaient au service de sa grande famille (proches et belle-famille) pour détourner fonds publics et privés et créer des sociétés pour l’oligarchie et une classe restreinte de privilégiés. La Révolution est venue mettre fin à ce règne et à cette dilapidation des deniers publics. Plus même, elle a remis en question toutes les institutions existantes, le parti au pouvoir, ou ceux fantoches qui mimaient une fausse vie politique, tels des pantins. Le peuple a déclenché la révolution et la conduite de main de maître. Que réclame-t-il? La liberté, la démocratie et la dignité. Il n’a pas confiance en ces hommes et femmes  au pouvoir et qui veulent aujourd’hui enfourcher le cheval du peuple. Ni parti au pouvoir, ni ceux de l’opposition ne sont crédibles, surtout après les appels - commandités - lancés à Ben Ali pour se présenter à la présidentielle de 2014. Alors quel scénario peut être garant pour mener la révolution du peuple à bon port et bâtir la Tunisie sur des assises solides, réelles et pérennes que sont la démocratie, la justice, la liberté d’expression et la liberté tout court? Disons que la Tunisie doit panser ses blessures, se remettre au travail et que le peuple doit rester attentif à la révolution du jasmin pour ne pas être déviée de son objectif essentiel. Pour cela, il faudrait une transition et des hommes pour assumer cette transition. Et les hommes  intègres et patriotes ont existé et ils existent  encore. C’est à eux qu’il s’agit de confier la tâche historique d’assumer cette transition réelle et effective, sans laisser la porte même entr’ouverte à ces opportunistes qui ont survécu au régime de Bourguiba  puis de Ben Ali et qui, tels des hydres, veulent renaître de nouveau.


Mahmoud HOSNI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com