Après une vie politique sur mesure : La Tunisie aura sa Constitution démocratique





La chute de Zine El Abidine Ben Ali n’est qu’une étape dans la marche du peuple tunisien vers la démocratie. D’autres taches l’attendent pour bâtir autrement la Tunisie, notamment, la réforme constitutionnelle.
L’édifice constitutionnel mis en place depuis cinquante ans en Tunisie était plutôt au service du président déchu et de l’ex-parti au pouvoir. Les réformes constitutionnelles successives n’ont servi qu’à favoriser une première et une quasi-deuxième présidence à vie. Elles ont également servi à verrouiller la vie politique pour l’intérêt du parti au pouvoir, d’abord, le PSD et, ensuite le RCD. Du coup, en faisant voler en éclats les verrous du despotisme, le peuple tunisien n’avait certes pas une conception claire de la relève. Il ne pouvait d’ailleurs pas l’avoir, tellement le soulèvement était spontané. Personne en Tunisie n’avait une feuille de route claire pour le lendemain de cette transition à laquelle personne ne s’attendait. Les partis politiques étaient fragilisés. Les académiciens ne pouvaient traiter que d’une manière très timide cette question taboue de la transition face à un régime qui veut tout monopoliser. Cette situation explique l’hésitation ayant marqué ces premiers jours du nouveau régime et les interrogations sur l’avenir constitutionnel de la Tunisie.  Transition ? Il y avait déjà une première hésitation sur l’article à adopter pour gérer la vacance du pouvoir le vendredi 14 janvier suite à la fuite de Ben Ali. Le nouveau régime a d’abord opté pour l’article 56 avant de passer le lendemain à l’article 57, faisant ainsi transiter la présidence par intérim du Premier ministre Mohamed Ghannouchi au président de la Chambre des députés, Foued Mebazâa.  Ainsi arrêtée, la situation exigerait constitutionnellement des élections présidentielles anticipées dans les 60 jours. Or, la société civile et tous les partis politiques sont unanimes pour affirmer que «nul n’est prêt pour participer à de telles élections». «Il est nécessaire de réviser les lois électorales, de remettre à jour les listes électorales et d’ouvrir la vie politique pour que de véritables élections puissent avoir lieu», ne cessent de clamer la société politique.  Que faire? Face à un imbroglio politique, le nouveau pouvoir a mis sur pied une nouvelle commission chargée de la réforme politique. Son président, le professeur Iyadh Ben Achour, est une éminence du droit constitutionnel. A l’actif de Ben Achour sa démission du Conseil constitutionnel en 2002 lors de la préparation du référendum marquant l’ouverture de la voie vers la présidence à vie de Ben Ali. La mission de Ben Achour et de son staff sera de trouver une sortie constitutionnelle à la situation exigeant, d’une part, de donner du temps à la vie politique pour se remettre, et, d’autre part, de respecter la constitution. Les observateurs pensent qu’une solution ne saurait tarder et que les constitutionnalistes trouverait les solutions adéquates. La Tunisie aura sa Constitution démocratique.


 Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com