Bourreaux et victimes : Lotfi Hajem (propriétaire d’un terrain à Djerba) : «Le cousin de Abdallah Kallel m’a confisqué mon terrain »





Le détournement des biens du peuple n’a pas cessé d’avoir lieu depuis des années et des années par les proches de la famille de l’ex-président.
M. Lotfi Hajem, propriétaire d’un terrain à Djerba a raconté son histoire avec les proches de la famille présidentielle au « Quotidien».
« Je suis propriétaire d’un terrain de 6938 m2 à Djerba Midoun. J’ai acheté ce terrain depuis le 19 août 1988, mais je ne peux pas y mettre les pieds jusqu’à aujourd’hui parce qu’on me l’a enlevé de force ». C’est ainsi que M. Hajem a commencé sa triste histoire qui a duré 22 ans. La copie du contrat de vente, légalisé, confirme qu’il a bel et bien acheté ce terrain. Un terrain situé juste devant la mer.
En 2008, M. Hajem et sa famille, résident à Tunis, ont voulu bâtir une maison sur ce terrain, mais une incroyable surprise les attendait. « Je suis allé pour commencer à bâtir ma maison, mais j’ai trouvé que mon terrain, ainsi que ceux de mes voisins étaient entourés par un clôture que je n’ai pas installeé. En voulant accéder à ma propriété, quelques bandits faisant guise de gardiens m’ont interpelé et m’ont affirmé que cette propriété est désormais celle de Abedlwaheb Kallel, cousin de Abdallah Kallel », atteste-t-il.
La surprise était tellement énorme que notre interlocuteur est allé demander des explications à ses voisins. Ces derniers ont affirmé qu’ils sont victimes du même personnage (Kallel) qui a effacé le traçage séparant les terrains des uns des autres pour s’approprier le tout.
« J’ai cru que c’était un malentendu et j’ai essayé de contacter M. Kallel, mais son topographe, Ali Gaâmouri, m’a affirmé que cela ne sert absolument à rien et qu’ils se sont appropriés mon terrain»!!
Un long combat devant les tribunaux a commencé. « J’ai tout essayé, Dieu seul sait combien j’ai dépensé pour que je retrouve mon bien, en vain ».
Alors que les tribunaux ont refusé la demande de Kallel pour enregistrer le terrain en son nom, son avocat n’arrêtait pas de verser les demandes d’enregistrement pour empêcher les vrais propriétaires de le faire (la législation interdit le versement de deux demandes d’enregistrement pour un même terrain). Une tactique aussi futée que louche.
M. Hajem affirme que Kallel a même empêché la délégation locale de mettre les avis de propriété des terrains pour éviter que les vrais propriétaires des terrains en question ne puissent réclamer leurs biens.
« Chaque demande d’enregistrement nous coûtait 500 dinars pour ‘avocat. Avec un nombre incalculable de demandes, j’ai dû vendre un de mes biens pour payer l’avocat. C’était infernal et j’ai décidé de laisser tomber l’affaire qui m’a tellement coûté en termes de temps et d’argent », affirme notre interlocuteur avec un goût amer.
Après le changement de la donne, il espère que sa propriété peut enfin lui revenir pour qu’il puisse bâtir sa maison et réaliser son rêve.
Il ne s’agit que d’une goutte dans la mer des corruptions et de détournements de fonds et biens des citoyens tunisiens. Pourvu que tout rentre dans les règles pour ces malheureuses victimes.

Meher KACEM


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com