Témoignages de sportifs : La révolution, une locomotive pour le sport





Dans notre édition d’aujourd’hui, Mohamed Dérouiche, le président du ST, Habib Cherif, l’ancien DTN de basket-ball, et Monaem Aoun, l’entraîneur du SN, expriment à l’unisson leur gratitude au peuple tunisien, auteur de l’une des plus prestigieuses révolutions depuis que le monde est monde.
Dans un même élan aussi, ils affichent un optimisme de bon aloi quant au devenir radieux du sport en Tunisie, grâce à la saine mentalité qui prévaudra désormais et qui est enfantée par les nobles principes véhiculés par notre révolution bien à nous.

Mohamed Dérouiche : «Le sport, appelé à se mettre au diapason de la révolution»
«Je commencerai par rendre le plus vibrant des hommages à notre héroïque peuple, particulièrement les jeunes, qui viennent d’écrire une page glorieuse de notre chère Tunisie. C’est une éclatante leçon administrée au monde entier.
Maintenant, il faut impérativement préserver nos acquis et les défendre avec la plus grande opiniâtreté. Comme aussi il est urgent de se remettre sans plus tarder au travail, afin de donner une autre leçon et prouver que les Tunisiens sont capables d’effectuer la révolution la plus rapide et également la reprise la plus rapide.
Dans le domaine sportif, la situation générale qui prévaut présentement, notamment au plan financier, est difficile. En effet, tout, pour l’heure, est suspendu, les sponsors, tout naturellement, ont déserté la scène sportive...
Raison pour laquelle je demande à toutes les parties impliquées, techniciens, joueurs, dirigeants, de consentir des sacrifices de tous genres dont la première et seule bénéficiaire est notre Tunisie bien-aimée. Dans ce contexte, d’ailleurs, la nouvelle mentalité fièrement et ostensiblement exhibée, ne laisse plus de doute quant à cette chevaleresque attitude escomptée.
Cette même mentalité qui devrait dorénavant donner lieu à une amitié réciproque entre tous les acteurs de la vie sportive, à l’acceptation de la défaite, à la défense, pour tout dire, de la précieuse et noble devise qui prône le sport pour le sport.
Pour tout dire, il s’agit pour les sportifs de se mettre au diapason de cette salutaire révolution».

Monaem Aoun : «Vivement une chaîne satellitaire sportive»
«Il va sans dire que le sport est indissociable des autres secteurs de la vie publique. Autant affirmer que la transparence désormais de mise, notamment dans le domaine politique, rejaillira sans coup férir sur le sport. C’est toute la vie associative qui fera indubitablement le saut qualitatif escompté et qui, il n’y a pas longtemps, s’assimilait à une vision utopique.
Avant, les véritables compétences étaient étouffées dans l’œuf. A titre indicatif, je me suis toujours indigné de l’inexistence dans notre paysage médiatique sportif d’une chaîne sportive, alors que la plus célèbre chaîne arabe, Jazeera, est truffée de journalistes tunisiens qui font ses beaux jours. Un véritable paradoxe qu’il faut battre à plate couture sans plus tarder. En outre, la future régénérescence économique devrait se répercuter, positivement sur l’infrastructure sportive, allusion aux problèmes de maintenance et d’entretien longtemps négligés.
Maintenant, le terrain est déblayé devant les Tunisiens réellement soucieux du drapeau tunisien qu’ils ont hâte de servir de façon désintéressée.
Sans conteste, je suis optimiste pour le devenir de notre sport, mais les Tunisiens, dans leur ensemble, doivent user de patience pour repartir de plus belle et ne pas brûler les étapes».

Habib Cherif : «Place aux compétences avérées»
«Je tiens avant tout à exprimer toute ma fierté d’appartenir à un peuple aussi vaillant et aussi imbu des valeurs de liberté et de démocratie que le nôtre. Il faut cependant faire preuve de sens de la mesure, pour assurer une douce transition, attendu que de tout temps, depuis l’accession à l’indépendance, nous n’avons connu qu’un seul parti. Dans cette optique, les médias, que je félicite pour le recouvrement de leur droit sacré à la liberté d’expression, ont un rôle avant-gardiste à jouer. Grâce à ce changement, un vrai, un authentique celui-là, le sport ne pourra s’en porter que mieux. Et ceux qui s’en sont servis, au lieu de se dévouer à sa cause, devraient disparaître du paysage sportif et laisser leurs places aux véritables compétences avérées du pays. Dans cette même logique, le ministère de tutelle est appelé à procéder à sa grande lessive. Le même raisonnement vaut pour le ministère de l’Enseignement supérieur qui doit bannir à jamais certaines pratiques surannées et irréductiblement préjudiciables aux honnêtes gens, notamment celles sous-jacentes au passage de grade qui consacrent la médiocrité aux dépens de la compétence. Pour certains postes-clés à tous les niveaux de la gestion sportive, il faut céder la place aux hommes de terrain, aux techniciens et laisser la politique aux politiciens. Je n’abrégerai pas sans lancer un appel à nos valeureux compatriotes pour reprendre leurs activités professionnelles et quotidiennes au plus vite, l’unique et seule condition pour remettre notre chère Tunisie dans le bon sillon».


Wahid Smaoui




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com