Démocratisation du sport





Maintenant que le peuple a dit son mot, que «la révolution du jasmin» a fait chuter le tyran Ben Ali et lever le voile sur les abus de son entourage et la mainmise du clan Ben Ali-Trabelsi sur les richesses de notre pays, maintenant que l’histoire se chargera d’écrire ses pages surtout celle ayant trait aux 23 ans de dictature, place devrait être donnée au travail combien long de balayage des restes de l’ère Ben Ali et l’instauration de la démocratie.
Une démocratie qui devrait toucher tout les domaines, y compris le secteur du sport combien touché par une législation adaptée pour permettre aux rouages de l’ancien régime et aux comparses du parti au pouvoir, le RCD, de contrôler les bureaux directeurs de toutes les associations sportives, comme cela est le cas pour toutes les organisations et les associations dans le pays.
Durant 23 ans, le recours aux urnes a été banni lors des assemblées générales. Seuls ceux qui sont cooptés par le RCD, autorisés par ses rouages (gouverneurs et délégués) peuvent faire partie des directoires des associations sportives. Pas de place pour les adhérents des autres partis même ceux qui jouaient le rôle de figurants dans le paysage politique du pays. Et comme pour compléter le décor, les proches du régime étaient portés aux commandes des associations sportives et ceux appartenant à «la famille» présidaient aux destinées des grands clubs, faisant la pluie et le beau temps au point de devenir indispensables du fait qu’ils sont les seuls et uniques pourvoyeurs de fonds, des fonds provenant d’un possible blanchiment d’argent.
Aujourd’hui, ce paysage n’a plus droit d’être, les statuts des associations doivent emboîter le pas à toutes les législations, et une refonte des textes est absolument nécessaire pour que les portes des associations sportives puissent être rouvertes à toutes les bonnes volontés qui n’ont d’autres desseins que celui d’œuvrer à l’essor de leurs clubs.
D’ailleurs, les associations sportives n’ont pas seulement besoin de la refonte de leurs statuts, elles ont également besoin d’une canalisation des voix de financement afin de pouvoir jouer le rôle qui leur est dévolu.
Notre sport, qui s’est finalement débarrassé de ces symboles de la corruption et de la haine, et en attendant de mettre à l’index tous ceux qui les ont aidés à assouvir leurs basses besognes, devrait retrouver son vrai visage et sa vraie vocation.


Mohamed Hedi




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com