Remaniement ministériel : Entre approbation et réserves





Le remaniement ministériel qui a eu lieu avant-hier, n’a pas laissé les manifestants indifférents.
Le sit-in de la Kasbah continue avec des sentiments mitigés, allant du rejet à l’acceptation.
Le gouvernement d’union nationale a fait couler beaucoup d’encre et de salive lors de ces derniers jours. Le remaniement ministériel annoncé par le premier ministre a fait l’objet de plusieurs débats. Malgré l’approbation de l’UGTT, relative au changement partiel de la composition gouvernementale, le sit-in de la Kasbah persiste. «Le Quotidien» s’est adressé à nos concitoyens pour sonder leurs avis, leurs impressions et leurs attentes à la lumière de cette nouvelle donne.


Un gouvernement garant de la volonté populaire
Selon Raed Chaouachi, étudiant, le remaniement ministériel qui a eu lieu avant-hier est digne de respect et constitue un acquis qu’on doit préserver. Il indique que ce changement confirme la volonté du gouvernement à rebâtir le nouveau paysage politique de la Tunisie dans un climat de transparence. Et de renchérir : «Maintenant, nous pouvons affirmer la rupture avec les caciques de Ben Ali. Je trouve ce remaniement ministériel encourageant car la majorité de ces nouveaux ministres sont des gens dignes de respect et ont l’expérience nécessaire pour réussir le challenge de la phase transitoire. Le peuple est appelé à soutenir ce gouvernement et mettre en exergue les conditions favorables pour effectuer des réformes socioéconomiques. Le contexte actuel nécessite la réécriture de notre avenir, à savoir à travers la volonté du peuple».
Néanmoins, certaines personnes estiment que ce remaniement n’a pas de sens tant que le Premier ministre n’a pas démissionné. Elles réclament le départ immédiat de Ghannouchi, condition sine qua non pour que les manifestations cessent. D’après Néji Kdhir, professeur de mathématiques en chômage, le gouvernement actuel fait toujours fi des réclamations du peuple. Il affirme que les caciques de l’ancien régime sont toujours présents au sein de ce nouveau gouvernement. Dans cette même optique, Il enchaîne : «Nous refusons d’accepter ce gouvernement tant qu’il y a toujours un membre qui appartient à l’ancienne dictature. Le gouvernement dont nous souhaitons l’investiture doit exclure tout responsable corrompu avec Ben Ali. De ce fait, nous allons continuer de manifester et de refuser jusqu’à la chute finale de l’ancien régime».


Le RCD, à liquéfier en bloc
Volet partisans certains sont convaincus du bien-fondé de cette nouvelle composition.Mohamed Amine Ben Amara, étudiant, relève de cette catégorie. Il souligne la nécessité de soutenir le nouveau gouvernement pour qu’il puisse sauver le pays dans les plus brefs délais. Par ailleurs, il affirme que la démocratie gagne une place de choix au sein de la société tunisienne. Il abonde dans ce sens : « Pour la deuxième fois, le gouvernement se trouve obligé d’obéir à la voix du peuple et d’effectuer des changements au niveau des ministères. La pression de la rue est un outil très efficace et la démocratie n’est plus un slogan creux de nos jours. D’autre part, nous devons cesser les manifestations et laisser le gouvernement travailler, car le plus important est de braquer les projecteurs sur les vrais besoins au niveau de la structure socio-économique et restaurer l’ordre dans les quatre coins du pays. Il n’est plus question de rester les bras croisés, nous devons sauver la révolution et ses acquis».
Les détracteurs de cette redistribution des cartes, demeurent toutefois légion. A l’instar de Mohamed Ridha, employé, qui souligne l’impératif de dissoudre le RCD en bloc pour que le peuple accepte le nouveau gouvernement. Il trouve que ce parti doit être mis à l’écart à titre définitif et irrévocable. Il poursuit en ces termes : «Le gouvernement a fait abstraction de la principale revendication du peuple, celle de dissoudre le RCD et de renvoyer le premier ministre. Le remaniement ministériel n’a pas de légitimité pour nous, s’il continue à receler en son sein un certain Ghannouchi. Donc, nous allons contester le gouvernement car il ne reflète que la volonté d’une minorité».
Autant attester, en dernier ressort, que le passage à l’étape transitoire demeure toujours difficile, tant que le peuple tunisien n’a pas trouvé de consensus de nature à cimenter son osmose.


Walid BOUROUIS




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com