Centre des études stratégiques à Sidi Bouzid : Pour une mobilisation urgente du gouvernement provisoire





Comment peut-on dissiper ce manque de confiance entre le gouvernement actuel et le peuple tunisien ? «Seule une mobilisation immédiate peut apaiser les habitants de Sidi Bouzid», nous répond Dr. Mohamed Nouri.
Avons-nous tiré la leçon des événements qui se sont produits tout au long de ce mois dans les différents gouvernorats, à commencer par Sidi Bouzid ? Avons-nous compris les raisons de ces maux qui ont conduit nos jeunes au désespoir ? Avons-nous saisi les causes qui ont poussé certains de nos jeunes à s’immoler par le feu ou à s’électrocuter ? N’est-ce pas ce sentiment d’injustice, d’humiliation, de désespérance ? Aujourd’hui que les Tunisiens ont fait leur révolution, il est temps de balayer tout sentiment d’incertitude, de manque de confiance entre le gouvernement actuel et les Tunisiens, particulièrement dans certaines régions enclavées et oubliées.
C’est dans cette optique que le Centre des études stratégiques de Sidi Bouzid est né. Une naissance qui a accompagné la révolution, ayant comme objectifs d’enquêter sur ce que les gens ont enduré durant ces années et pour suivre l’action du gouvernement actuel. «Pour libérer la Tunisie, pour réclamer justice, nous avons sacrifié nos enfants, les martyrs de cette révolution salutaire, inégalable dans le monde entier. Nous sommes et nous restons fidèles à la mémoire de nos martyrs à Sidi Bouzid comme dans d’autres villes tunisiennes. Aujourd’hui, alors que le nouveau gouvernement de transition vient de s’installer, il est temps de se mobiliser pour rompre avec les vieux réflexes et la bureaucratie instaurés par l’ancien régime. Au nom de tous les citoyens de Sidi Bouzid, je lance un appel urgent à tous les ministres pour qu’ils passent à l’action. Finie la parlotte, le temps est à l’action. C’est dans cet esprit que nous avons créé ce centre d’études stratégiques de Sidi Bouzid, symbole de la révolution, mais qui, en réalité, couvre de nombreuses régions tunisiennes», nous a expliqué Dr. Mohamed Nouri, l’un des membres fondateurs de ce centre.
Des plans d’action pour l’immédiat
Ingénieur en électronique, doctorant en économie, il a choisi de rejoindre ses frères et amis à Sidi Bouzid, dès les premiers jours de la révolution et d’être à l’écoute d’une société lésée; une société qu’il connaît très bien. C’est à Sidi Bouzid qu’il est né et a fait ses études avant de partir en France. De retour, au temps de la révolution, Dr. Nouri, avec le soutien de l’élite de Sidi Bouzid, a jugé important de créer le centre et d’élaborer une stratégie de travail. «Pour servir la nation et préserver les objectifs de la révolution, il faut deux plans d’action: le 1er dans l’immédiat pour vaincre un trio dangereux : la peur, l’absence de confiance et l’impatience. Pour apaiser ces gens qui ont siégé de longues nuits et journées à La Kasbah et qui ont des demandes légitimes, il faut de la mobilisation. Pour mettre fin à cette méfiance et instaurer une ambiance de confiance, il faut que les gens voient naître des projets, observent des signes tangibles et retrouvent une lueur d’espoir. Nous avons besoin de vraies garanties. C’est ainsi que nous intervenons pour aider le gouvernement à réaliser des projets visant à combattre le chômage. Nous avons mis tout, noir sur blanc et nous restons, en tant que Centre, à la disposition du gouvernement. Mais ce qui j’ai remarqué, comme tous les Tunisiens, c’est le grand décalage entre le rythme du gouvernement actuel et les attentes des Tunisiens», a noté notre interlocuteur, appelant à un pacte entre le gouvernement et le peuple et surtout à la mise en place immédiate des schémas de développement régionaux pour faire baisser le taux de chômage.

Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com