Attentes des jeunes artistes : Plus de liberté, davantage de subventions





Après la révolution, l’heure est au travail et à la reconstruction. Après un régime autoritaire et restrictif, le soulagement pour une expression libre de toute censure était l’avis partagé par tous les jeunes artistes…
Le 11 janvier dernier, de nombreux artistes tunisiens se sont rassemblés devant le théâtre municipal de Tunis pour protester contre l’ancien régime et revendiquer pacifiquement plus de liberté. Ils ont été sauvagement battus et brutalisés par les forces de l’ordre. Ils étaient parmi les premiers à se joindre au mouvement de protestations… Des artistes qui étaient opprimés par l’ancien régime et qui commencent maintenant à libérer «artistiquement». Aujourd’hui, quelles sont leurs espérances et leurs attentes de cette phase post- révolutionnaire ?
Pour Rochdi Belgasmi, jeune marionnettiste académicien, l’ancien régime accablait énormément les artistes spécialisés dans les arts de la marionnette, qui sont des arts marginalisés en Tunisie, car on ne leur concédait que peu de liberté d’expression. «Cela est dû principalement à l’absence de la liberté d’expression qui bloque la créativité et surtout à un choix politico-culturel accablant toute création artistique libre de manière générale. Grâce au peuple tunisien et à la révolution, les artistes sont désormais plus libres dans leurs créations. En tant qu’artiste et jeune, j’espère qu’avec les changements politiques qu’a engendrés cette révolution, nous aurons plus de chance de nous exprimer librement. Nous avons nos projets et nos ambitions et nous avons le droit de réaliser nos rêves en toute liberté», affirme-t-il.
Croire aux jeunes
En ce qui concerne Hasna Manaï, jeune cinéaste, ses attentes de cette révolution se résument en un seul mot : «croire aux talents des jeunes et leurs donner leur chance». «Faciliter le travail des jeunes est primordial», affirme-t-elle. «Les jeunes artistes avaient beaucoup d’obstacles qui les empêchaient de créer, surtout les cinéastes. Les subventions, l’accès facile aux matériels de réalisation et surtout la liberté de traiter de tous les sujets sont les principaux vœux pour une création artistique libre», ajoute-t-elle.
Réglementation du secteur artistique
«Les artistes et surtout les jeunes étaient parmi les premiers à sortir dans les rues et protester contre l’ancien régime» : c’est ce que pense Hafidh Zallit, chorégraphe et danseur professionnel. «Ce qu’on attend vraiment de cette révolution et du nouveau ministère de le culture se résume en trois points essentiels. L’indépendance de l’artiste par rapport à toutes les institutions. Parce qu’un artiste ne peut pas avancer sans qu’il soit libre de penser et libre de dénoncer tous les phénomènes asociaux sans qu’il y ait des lignes rouges.
Deuxième point, la réglementation du secteur artistique et ce par l’encadrement et la formation. Par exemple la danse, qui est un art reconnu partout dans le monde, sauf en Tunisie où elle est marginalisée. Il n’y a pas de formation dans le domaine, ni reconnaissance des artistes en tant que professionnels (l’attribution de la carte professionnelle surtout).
Une chose est très importante : le retour à notre patrimoine artistique, qui est très riche. Et ce, à travers la création de troupes, les recherches dans le patrimoine par la rénovation de la mémoire populaire», affirme-t-il.
Plus de liberté pour s’exprimer, davantage de subventions pour les jeunes artistes et d’écoute et surtout la réglementation du métier artistique sont les principales attentes des jeunes artistes de cette phase post-révolutionnaire.

Mohamed M’DALLA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com