Grève des poubelles à Tunis : Les milices RCDistes s’y mettent pour que ça dure





Selon le secrétaire général du syndicat de la municipalité de Tunis, ce sont les milices du RCD qui sont derrière la grève des poubelles à Tunis qui perdure depuis une semaine.
Déterminés à avorter la révolution à tout prix, les partisans de l’ancien parti tentent leurs dernières chances en jouant toutes les cartes possibles pour provoquer l’anarchie dans tout le pays. Plusieurs indices confirment aujourd’hui le fait que ce sont les milices du RCD qui sont les auteurs des assauts perpétrés contre les biens collectifs. Outre les incidents déclenchés dans plusieurs villes du pays, prenant pour cibles les établissements scolaires, les postes de police et de la garde nationale, les RCDistes semblent aussi jouer le rôle principal dans la provocation de grèves incontrôlables. Et c’est le cas des éboueurs de Tunis qui confirme cette hypothèse, d’après ce que nous a raconté M. Adel Sagra, le secrétaire général du syndicat de la municipalité de Tunis. Selon lui, ce sont «des milices du RCD qui sont derrière la grève des poubelles qui durent depuis plusieurs jours». Notre interlocuteur dit en fait qu’il est plus que persuadé que les symboles du parti de l’ex-pouvoir sont en train d’empêcher les agents municipaux de reprendre leur travail: «Nous avons appris que des inconnus viennent leur faire comprendre que les autorités leur ont menti à propos de la titularisation», indique-t-il. «Certains d’entre eux ont été harcelés pour qu’ils poursuivent la grève alors que d’autres ont reçu des sommes d’argent», a-t-il ajouté.
Profitant du manque de confiance qui a toujours caractérisé le rapport entre les ouvriers et leurs employeurs, ces «inconnus» semblent jusqu’ici réussir à faire durer l’anarchie ordurière dans les artères de Tunis. Après la reprise survenue au cours de la semaine dernière pour ne durer que deux jours, les agents de la propreté urbaine et les camions de ramassage des poubelles ont vite disparu de la circulation laissant la ville s’écrouler sous les ordures. Et pour que cela dure, c’est le syndicat même qui fait aujourd’hui l’objet de menaces. M. Adel Sagra tout comme M. Naceur Sellami, le secrétaire général de la fédération générale des municipaux, ont été carrément menacés de mort s’ils poursuivent leurs tentatives de convaincre les agents municipaux à reprendre leur travail. «Il y a deux jours, j’ai reçu un appel sur mon portable dans lequel une personne inconnue m’a insulté vulgairement et m’a menacé d’être brûlé vif si je ne laisse pas les éboueurs continuer leur grève».
Cela prouve, encore une fois, que les milices sont en train d’agir selon un plan très dangereux destiné à paralyser tous les services du pays et faire échouer la révolution. Pour le cas des éboueurs, rien ne justifie en fait la poursuite de la grève étant donné que toutes les revendications ont été satisfaites. La municipalité de Tunis a titularisé plus de 3000 agents entre contractuels et temporaires, et ce depuis le 26 janvier dernier. On apprend également qu’un projet de statut pour cette catégorie d’employés municipaux a été d’ores et déjà approuvé par le ministère de l’Intérieur et remis au ministère des Finances pour sa validation. Pour l’instant, le syndicat ne compte pas céder aux menaces des milices, «nous ne baisserons jamais les bras et les ennemis de la Tunisie n’arriveront jamais à leur fins», assure le syndicaliste, confiant.

Hassan GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com