Administration/ Un train de mesures pour combattre les pots-de-vin et le «frigo»





Les députés n’ont pas manqué de braquer en pleins feux sur les phénomènes du «frigo» et des pots-de-vin ainsi que sur bien d’autres maux dont souffre l’administration lors d’un débat avec le gouvernement, tenu, hier, à la Chambre des députés. Tunis - Le Quotidien Les phénomènes de pots-de-vin, pistons, frigo et le sacro-saint «reviens demain» ont été au centre des interventions des députés, lesquels ne se sont pas exprimés avec un pavé sur la langue. Le député Mohamed Salah Ghaddab (RCD) a souligné que le nombre de cadres compétents mis au frigo à cause des «humeurs» de leurs supérieurs hiérarchiques incite à l’alarmisme. D’autant plus que ce phénomène coûte cher à la Communauté nationale. Le député Abdallah Chebbi (RCD) a fait remarquer que le sacro-saint «reviens demain» est encore monnaie courante au sein de l’Administration tunisienne en dépit de son informatisation et des réformes administratives successives. Le député Salah Souissi (PUP) a également noté que ce phénomène constitue la bête noire des citoyens, lesquels se trouvent acculés à recourir à des moyens détournés pour accélérer les procédures : les pots-de-vin et les pistons. «Ces phénomènes sont les véritables tares de l'administration tunisienne. Raison pour laquelle le Chef de l’Etat avait appelé à les combattre», ajoute le député. D’autres intervenants ont signalé que l’accueil et l’orientation de citoyens aussi bien au sein des administrations qu’au niveau des bureaux de relations des citoyens nécessitent un intérêt particulier en appelant à former comme il se doit les agents d’accueil et d’orientation. L’horaire administratif et l’impossibilité d’appliquer certains jugements prononcés par le tribunal du tribunal administratif ont été, à leur tour, sur plusieurs lèvres. * Opération «Coup de poing» En réponse aux interventions des députés, M. Abdelhakim Bouraoui, secrétaire d’Etat chargé de la réforme administrative et de la fonction publique a affirmé que les autorités de tutelle ont déjà commencé à appliquer un programme visant à éradiquer le phénomène du frigo. Ce programme s’articule autour de «la réalisation d’un inventaire des agents employés dans chaque ministère et l’élaboration de plans à même de réinsérer les fonctionnaires écartés». M. Bouraoui a expliqué également que le phénomène des pots-de-vin et des pistons sont répréhensibles sur le plan juridique. «Actuellement, on dispose d’un arsenal juridique de nature à éradiquer ce phénomène. Les sanctions contre les auteurs de ce genre de délits varient entre les amendes et dix ans de prison ferme», précise-t-il en indiquant que l’organisation -non gouvernementale «Transparence internationale» classe la Tunisie parmi les pays le moins touchés par ce phénomène. S’agissant de l’horaire administratif, le secrétaire d’Etat a fait savoir que les études réalisées montrent que les citoyens n’apprécient pas le système de la séance unique. D’où la nécessité de maintenir le système alternant séance unique en été et pendant le mois de Ramadan et double séance durant le reste de l’année. M. Bouraoui a fait remarquer au sujet du recrutement dans le secteur de la fonction publique que l’appartenance politique et les croyances religieuses ne figurent pas parmi les critères d’embauche. Walid KHEFIFI ___________ * Le CAPES remis en question ! Le député Brahim H’faïdhia (UDU) a remis en cause, dans son intervention, la crédibilité du concours du certificat d’Aptitude professionnelle à l’enseignement secondaire (CAPES) en proposant le recours à la méthode d’études des dossiers. Le secrétaire d’Etat chargé de la réforme administrative et de la fonction publique a précisé, à ce propos, que le système de concours est meilleur d’autant plus qu’il garantit l’égalité entre les candidats. ___________ * Black-out Dans son intervention, le député Mohamed Dom (MDS) s’est enquis des raisons qui poussent les administrations à réchigner à communiquer certaines informations aux journalistes. A cet égard, le secrétaire d’Etat a précisé que l’administration communique toujours les informations nécessaires aux journalistes tels les nouveaux programmes et les réformes. «Il existe certains dossiers qui revêtent un aspect secret que les administrations ne peuvent pas communiquer», ajoute M. Abdelhakim Bouraoui.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com