Quand les détenus se soulèvent





Les prisons et les centres de détention en Tunisie sont le théâtre, depuis dimanche dernier, de plusieurs incidents qui opposent les détenus à l’administration carcérale suite à la déclaration du président de la commission de l’amnistie sur une chaîne de télévision. Ces mêmes déclarations ont mis le feu aux poudres puisque plusieurs détenus relevant du droit commun estiment qu’ils ont été exclus de cette amnistie.
C’est alors que, dans un premier temps, les détenus de la prison de Borj Erroumi, à Bizerte, ont observé une grève de la faim, refusant au passage de recevoir des visites avant que des incidents n’éclatent lorsque les grévistes ont mis le feu aux matelas. Les agents sont intervenus et les affrontements ont fait plusieurs blessés.
Ce mouvement s’est élargi, par la suite, pour toucher d’autres prisons au Kef, à Kasserine, El Mornaguia et Kairouan. Les détenus revendiquent également d’être touchés par l’amnistie décidée par le gouvernement.
En outre, les familles des détenus ont décidé de se rassembler aujourd’hui devant le ministère de la Justice pour protester contre cette forme d’exclusion dont sont victimes les leurs qui purgent des peines relatives à des délits de droit commun.
Toujours est-il que la commission de l’amnistie ne s’est pas encore réunie et, d’ores et déjà, la configuration de cette commission est contestée par plusieurs parties dont l’Ordre des avocats, les magistrats et la Ligue des droits de l’homme ainsi que par plusieurs composantes de la société civile qui estiment qu’ils n’ont pas été consultés lors de la constitution de cette commission.
D’ailleurs, lors du meeting tenu samedi dernier au palais des congrès à Tunis, les représentants du front du 14 janvier ont encore une fois réitéré leur refus de cette commission, dénonçant une structure taillée sur mesure pour servir les uns et exclure les autres.
En attendant, la situation dans les prisons se dégrade de jour en jour et les conditions de détention ne répondent plus aux normes internationales en matière de droits de l’homme. Il est à rappeler que depuis le 13 janvier dernier plus de cent détenus ont trouvé la mort dans les prisons de Borj Erroumi et de Monastir suite aux incidents ayant secoué les établissements carcéraux.

Myriam Ben Salem


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com