Justice : Béchir Jelassi entendu par le juge d’instruction du Kef





Le juge d’instruction relevant du tribunal de première instance du Kef a entendu hier le suspect Béchir Jelassi et cinq de ses acolytes dans l’affaire relative aux violences ayant secoué la ville du Kef les 5 et 6 février.
La dénommée Naima, accusée de complicité et de faux témoignage, a été entendue séparément en attendant d’être confrontée aux autres suspects. Soupçonné d’avoir mis en place un plan visant à semer la terreur parmi la population en provocant des incidents afin de pousser les citoyens à s’entretuer ainsi que la destruction des biens publics et privés, le principal suspect a nié les faits, déclarant qu’il a été victime d’une machination et d’une manipulation dont les auteurs sont des responsables de la région qui cherchent à faire de lui un bouc émissaire et cacher ainsi leurs crimes. Ses complices ont également nié les faits déclarant qu’ils ont été mêlés à cette affaire rejetant les témoignages et les charges qui pèsent contre eux.
Sous une escorte constituée de cent hommes des unités spéciales de l’armée et de la Garde nationale, le convoi des sept suspects a quitté la capitale tôt dans la matinée d’hier avant d’arriver au Kef aux alentours de dix heures du matin. Malgré l’aspect secret de cette opération, des milliers de Keffois étaient présents devant le palais de justice où ils ont suivi les interrogatoires. Le rassemblement des citoyens a failli dégénérer, n’eût été la forte présence des agents de l’ordre qui ont empêché la foule à maintes reprises d’envahir le tribunal. La foule a scandé des slogans dénonçant le crime organisé et le grand banditisme au service du régime déchu, exigeant à ce que justice soit faite au moins par respect aux martyrs qui sont tombés lors des incidents du 5 février dernier.
Les interrogatoires des sept suspects ont duré plus de trois heures avant que leur convoi ne reprenne la route vers Tunis où Béchir Jelassi et ses complices sont détenus dans une caserne de la Garde nationale.
Le juge d’instruction va continuer à entendre les témoins et, d’ores et déjà, les noms de quelques hommes d’affaires et responsables politiques de la région ont été cités comme étant les véritables instigateurs de ces incidents pour l’exécution desquels ils ont fourni les moyens financiers et la logistique aux exécutants.
Il est à noter que la ville du Kef a connu les 5 et 6 févier des troubles suite à des rumeurs propagées, selon certains par les milices de l’ancien régime concernant une femme qui a été giflée par le chef de la police locale. C’était suffisant pour mettre le feu aux poudres et provoquer des incidents qui ont fait deux morts et pas moins de dix blessés. Plusieurs bâtiments publics tels que des lycées, les commissariats et des banques ont été incendiés.


Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com