L’œil de l’observateur : Néjib Gara : «Honorer l’équation récupération – jeu direct»





Le Onze national négocie, ce soir, son premier match-couperet qui, espérons-le, ne sera pas le dernier. Comment les débats face au R.D.Congo, se présentent-ils? Néjib Gara, l’un des noms sonnants et étincelants des années 70-80, prône la prudence mesurée et le jeu direct.
«Je tiens, avant tout, à préciser que le bilan partiel relatif au premier tour donne à voir une équipe en progrès constants. Après le nul inaugural frustrant, qui a eu l’effet de fouetter davantage l’ardeur conquérante des joueurs, le groupe s’est installé dans une dynamique de victoires.
Il ne faut pas oublier que l’équipe est allée au Soudan, démunie sur le plan de la compétitivité et forte du seul potentiel technique de ses individualités. Et à notre grande satisfaction, ces dernières adhèrent de plus en plus perceptiblement au moule concocté par Sami Trabelsi.
Cela dit, le match face à la R.D.Congo s’annonce fort malaisé, eu égard à l’envergure de l’adversaire, composé, à hauteur de 9 éléments, des redoutables joueurs du T.P.Mazembé. Le large succès de ce dernier face à l’EST devrait le doter d’un indéniable ascendant psychologique. Une arme à double tranchant, en fait, attendu que l’E.N. n’est pas l’EST et que la défaite des Sang et Or devrait gonfler à bloc les nôtres, avides de revanche.
Sur le terrain, nos compatriotes sont appelés, à mon sens, à faire preuve, avant tout, de prudence. Face à un antagoniste très fort techniquement, il ne s’agit pas de s’enhardir outre mesure. A ce propos, nos joueurs doivent évoluer regroupés et accorder un intérêt particulier à la récupération, en réduisant au maximum les espaces. Dans cette perspective, les deux récupérateurs doivent jouer pratiquement au niveau des défenseurs.
Il est, également, impératif de procéder à un pressing ni trop bas, ni trop haut, juste à l’entame du deuxième tiers du terrain. Et une fois la récupération faite, le redéploiement offensif instantané s’impose.
Cette option pour le jeu direct est de nature à surprendre les Congolais dont la défense est prenable, à la lumière de leur repli défensif relativement lent et la fébrilité assez palpable des défenseurs.
Dans cette optique, je consentirai, personnellement, au recours à deux changements, même s’il est plausible de reconduire, au départ, le même onze victorieux contre le Sénégal.
Concernant le remaniement partiel auquel je viens de faire allusion, et option pour le jeu direct oblige, je suis favorable à la titularisation de Chedly à la place de Darragi. J’estime, en effet, que le sociétaire de l’ESS est le plus indiqué pour effectuer les longues transversales, dans le droit fil du travail de sape et de récupération. En outre, il est doué dans l’art de trouver le juste compromis entre les tâches défensives et offensives. Le deuxième changement concerne le poste de première pointe de l’attaque. Je suis persuadé que pour ce match, Akaïchi a le profil adéquat, au vu de son inlassable activité, de sa combativité à toute épreuve de nature à fatiguer les défenseurs adverses. Quant à nos deux animateurs de couloirs, Msakni et Dhaouadi, ils sont appelés à reculer d’un cran en phase défensive, pas trop toutefois, pour être prêts à hériter des passes en profondeur propres au jeu direct.
Pour tout dire, notre sélection a les moyens de s’imposer, pour peu qu’elle persévère dans cette belle discipline tactique dont elle a fait montre jusqu’ici, outre son mental de fer».

Propos recueillis par Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com