Chômage et patriotisme





Il est irrécusablement admis que le principal motif sous-jacent à la révolution bénie est le chômage. Un état de fait qui ne concerne pas uniquement les aspirants au travail, mais toute la société civile, appelée à prouver toute l’étendue de son patriotisme.
Hassine Ben Hassine (*)
Plus d’un mois après la reconquête de leur liberté, les Tunisiens, toutes corporations confondues, tracent leur sillon, réclamant légitimement davantage de dignité, d’équité et de bien-être, notamment matériel. Dans ce cadre, toutefois, il y a deux catégories qu’un grand hiatus sépare, à savoir les demandeurs d’emploi de tout acabit, diplômés ou non, quasiment réduits à un état végétatif, et les fonctionnaires qui exigent des augmentations salariales plus conformes à leur réel statut. Et c’est un véritable truisme que la priorité devrait aller aux premiers.
Dans cette optique, d’aucuns proposent l’option inhérente à la création d’entreprises, une solution d’une relative fiabilité, qui pourrait être battue à plate couture par une autre, plus rapide à cristalliser, moins astreignante et donc plus efficace.
C’est ainsi que dans le droit fil d’une concertation porteuse et efficiente UGTT-Gouvernement, la masse salariale globale réservée initialement aux augmentations potentielles et autres prévues dans le cadre des négociations courantes serait réservée à la création de postes d’emploi. Dans cette perspective, les entreprises, qui existent déjà à foison, ne peuvent qu’apposer leur acquiescement, attendu que les émoluments en question à allouer seront débloqués d’une façon ou d’une autre.
Il est vrai que certains émettraient des réserves concernant les régions reculées, là où le tissu industriel est réduit à sa portion congrue. Il y a toujours, cependant, les administrations publiques relevant des divers ministères et dans les contrées à vocation agricole, la cession de terres domaniales peut s’apparenter à une réelle panacée.
Il ne reste, pour la cristallisation de ce dessein, qu’aux fonctionnaires réclamant depuis plus d’un mois des augmentations salariales, parfois modiques, de consentir un minimum de sacrifices, en y renonçant, quoique momentanément, et à reporter leurs revendications.
C’est, en effet, l’intégralité de ces augmentations potentielles qui serait, par ricochet, reconvertie pour la création de postes d’emploi, une manne du ciel pour nos concitoyens, infortunés chômeurs et jeunes diplômés désabusés.
Et surtout une irréductible preuve de patriotisme et d’altruisme, à même de concrétiser ostensiblement et fièrement les valeurs sacrées véhiculées par la glorieuse révolution du 14 janvier.

(*) Haut cadre à la STAM


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com