Quand l’individualisme s’efface !





Par Sabrine HADJ FRADJ (*)
On a beaucoup parlé de l’individualisme dans la société tunisienne. Un phénomène naturel chez une société soumise comme toutes les autres sociétés à la mondialisation qui a pour principe: chacun pour soi.
Mais voilà! Un acte individuel de Mohamed Bouazizi est parvenu spontanément à renier cette idée. L’individualisme n’existe pas dans la société tunisienne, comme on l’a cru!
Le jeune Bouazizi s’est sacrifié pour sa dignité. Mais il s’est sacrifié aussi, à son insu, pour sa société.
Si c’était vraiment chacun pour soi dans la société tunisienne, cet acte de Bouazizi n’aurait pas eu d’écho. Et la révolution tunisienne n’aurait pas eu lieu. Car cette révolution est l’expression d’une osmose implicite et d’un sentiment de chauvinisme partagé par tous les citoyens.
Elle exprime un vrai sentiment d’appartenance à une société qui vit les mêmes conditions et les mêmes pressions.
S’il y avait vraiment cet individualisme dont on a parlé dans la société tunisienne, les Tunisiens ne se seraient pas identifiés à Mohamed Bouazizi puisque dans un premier temps de la révolution, tous les Tunisiens étaient des Bouazizi. Ils ont tous lutté contre un même inacceptable sort, qui est en particulier la situation politique, sociale et économique trop avilissante.
Cette révolte d’une société tunisienne unie laisse une empreinte qui se répand ailleurs; maintenant on trouve des Bouazizi de nationalité égyptienne, algérienne, yéménite, jordanienne, libyenne...
Aujourd’hui, on ne peut plus parler d’individualisme ni en Tunisie ni dans le monde arabe.
(*) Etudiante à l’IPSI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com