Parti de la Liberté pour la Dignité et la Démocratie : Pour une Tunisie moderne, mais fière de son identité arabo-musulmane





Le Parti de la Liberté pour la Dignité et la Démocratie aspire contribuer à la construction d’une Tunisie moderne, démocratique et ouverte sur l’extérieur, mais fière de son identité arabo-musulmane.
Né de la dernière couvée révolutionnaire, le Parti de la Liberté pour la Dignité et la Démocra­tie (PLDD) se propose de récon­cilier les Tunisiens avec leur identité arabo-musulmane sans pour autant remettre en question le principe de la laïcité.
Est-ce un nouveau pendant tunisien du Parti pour la justice et le développement (AKP, Ada­let ve Kalkinma Partisi), le parti islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002? « A vrai dire, nous avions l’intention, au départ, d’adopter la même déno­mination que celle de l’AKP, mais nous avons été précédés sur cette voie par d’autres nouvelles formations politiques. A l’instar de ce parti turc, nous respectons la laïcité tout en étant fiers de notre identité arabo-musulmane», répond sans détours Makrem Hayouni, fondateur du nouveau parti. Et de renchérir: «Notre objectif est la contribution à la construction d’une Tunisie mo­derne démocratique, prospère et solidaire, mais attachée à son identité historique».
Pour cet agent général d’as­surances titulaire d’un master en sciences politiques, l’identité arabo-musulmane de la Tunisie est parfaitement soluble dans la laïcité. «Nous militerons pour un respect de notre identité arabo-musulmane avec une vision de modération, de juste milieu et de respect total d’autrui, de ses idées et de sa foi. En d’autres termes, nous nous proposons par exemple de lutter contre la déli­quescence morale dans la société tunisienne sans pour autant im­poser aux Tunisiens de respecter les règles coraniques ou de plaider pour un Etat islamique», précise-t-il.
Création ex-nihilo
Selon ses fondateurs, le Parti de la Liberté pour la Dignité et la Démocratie a été créé ex-nihilo. «L’idée de créer ce parti est née d’une discussion qui a eu lieu entre des jeunes qui montaient la garde dans un quartier à péri­phérie de Tunis dans le cadre des comités d’autodéfense qui ont vu le jour au plus fort de la révolution. Il ne s’agit pas comme le prétendent certains d’une dis­sension au sein du Mouvement Ennahda de Rached Ghan­nouchi», assure le fondateur du parti qui affirme avoir des milliers de sympathisants dans toutes les régions de la république et notamment dans le Grand-Tunis, Kasserine, Sfax et Bizerte.
La nouvelle formation politique devrait oeuvrer, en premier lieu, à développer la conscience po­litique chez les jeunes. «La révo­lution tunisienne qui a été totale­ment spontanée. Aucun parti politique n’a réussi à la provoquer ou à l’encadrer. C’est pourquoi nous avons choisi de commencer par diffuser une culture politique chez les jeunes et les emmener à s’intéresser à la chose pu­blique», affirme M. Hayouni. Et d’ajouter: «Nous ne comptons pas d’ailleurs nous présenter aux prochaines élections afin de ne pas être obligés de nouer des alliances ou de faire des conces­sions contradictoires avec nos principes. Ce boycott des élec­tions constitue en soi une position exprimant le refus des jeunes qui ont été aux premiers rangs lors de la révolution de voir leur exploit confisqué par des partis qui ne les représentent pas et ne reflè­tent pas leurs ambitions».
Justice sociale
Dans ses programmes, le parti prône un libéralisme limité par un souci de justice sociale et un équilibre entre les régions. Il ne remet pas également en question l’ouverture économique et l’inté­gration nécessaire de la Tunisie à l’économie mondiale. «Nos relations économiques avec l’Union européenne doivent être développées, mais nous ne de­vons en aucun cas oublier que notre profondeur stratégique reste le Maghreb et le monde arabe en général», indique M. Hayouni.
Le Parti de la Liberté pour la Dignité et la Démocratie se montre plutôt favorable au main­tien de l’actuel gouvernement de transition conspué par la rue et une partie de l’opposition. «Ac­cordons à ce gouvernement de gestion des affaires courantes une opportunité pour qu’il accom­plisse sa mission dans la sérénité. Une structure parallèle qui pour­rait réunir des vétérans de la vie politique nationale et des repré­sentants des diverses formations politiques pourrait, être, toutefois créée pour épauler ou, le cas échéant, surveiller le gouverne­ment de Mohamed Ghannouchi», précise le secrétaire général provisoire du parti, tout en souli­gnant l’urgence d’amender les articles de la Constitution et les lois électorales taillées sur mesure pour l’ex-président Ben Ali.

Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com