Cinéma/ Les J.C.C. font de la résistance





Alors que les salles de cinéma continuent à fermer l’une après l’autre, les Journées cinématographiques de Carthage fêtent leur vingtième session. C’est le grand paradoxe du cinéma en Tunisie qui se porte à la fois très bien et très mal. Le ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs vient d’annoncer la composition du Comité directeur de la 20ème session des JCC. Il n’y a pas de grands changements par rapport aux sessions précédentes sauf le rappel du producteur Mohamed Baha Eddine Attia, le patron du Ciné-téléfilm, qui assurera la fonction de vice-président, et la nomination du grand producteur Tarak Ben Ammar comme conseiller spécial auprès du président de la session, qui est, comme c’est de coutume, le ministre de la Culture lui-même. Le Comité comprend deux cinéastes : l’inévitable Férid Boughdir et son collègue Ridha El Béhi. Cette 20ème session devrait être célébrée avec un faste particulier. C’est du moins ce qu’espèrent les cinéphiles qui ont accompagné cette manifestation depuis sa création, il y a près de quarante ans. Dommage qu’elle coïncide avec une année de vaches maigres pour le cinéma tunisien, qui n’a pas produit, ces deux dernières années, des œuvres remarquables. La programmation sera peut être rehaussée par de bons films arabes et africains. Le Comité directeur ne ménagera aucun effort pour faire venir au festival du cinéma de Carthage, en octobre prochain, les films qui ont le plus de succès entre les deux sessions. Le festival a beaucoup perdu de sa crédibilité auprès des cinéastes, des cinéphiles arabo-africains, du fait notamment de la concurrence d’autres festivals comme ceux de Ouagadougou, Marrakech et le Caire. Cette perte de crédibilité s’explique aussi par le fait que les JCC n’ont pas évolué. Elles n’offrent plus en tout cas une vitrine commerciale pour les films africains et arabes qu’elles sont censées promouvoir. De nombreux cinéastes le leur ont reproché. Le département de tutelle ne parvient pas à trouver la parade nécessaire, se contentant d’organiser la manifestation tous les deux ans avec les moyens du bord. Et ces moyens sont, on le sait, insuffisants. Car, un festival de cinéma nécessite un déploiement de stars, de paillettes, de lumières… et tout cela se paie aujourd’hui au plus fort. Le département de tutelle a-t-il les moyens d’organiser une manifestation d’envergure internationale? Ne vaudrait-il pas mieux qu’il en cède l’organisation à une association professionnelle ou à un organisme privé, capables de réunir les fonds nécessaires pour réussir un festival de niveau international? Le débat, lancé depuis au moins une dizaine d’années, n’a malheureusement abouti à aucune décision. Les grands perdants sont bien sûr les Journées cinématographiques de Carthage. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com