Libye : Carnage !





Le colonel aurait donné l’ordre aux forces de sécurité de détruire certaines installations pétrolifères du pays pour créer le chaos au pays tandis que l’Est de la Libye est désormais sous contrôle de l’opposition.
Le Quotidien-Agences
Mouammar Kadhafi aurait donné l’ordre aux services de sécurité de saboter plusieurs installations pétrolières. C’est que révèle Robert Baer, un journaliste chroniqueur du magazine américain Time.
L’objectif de ce sabotage aurait pour but d’envoyer le message «c’est moi ou le chaos» aux tribus rebelles, affirme une source proche du pouvoir libyen. Les oléoducs menant le brut vers la Méditerranée seraient les premiers visés. Robert Baer, ancien gradé de la CIA en faction au Moyen-Orient et proche du pouvoir libyen, affirme également que le guide de la révolution aurait fait d’autres révélations à ses proches.
«Kadhafi a dit à son entourage qu’il ignore s’il peut reprendre la Libye avec les forces dont il dispose (ndlr. environ 5000 hommes sur les 45000 qui composent l’armée libyenne). Il reproche aux tribus rebelles et aux officiers de l’armée leur manque de loyauté. Ils veulent faire de la Libye un pays comme la Somalie. J’ai l’argent et des armes pour lutter pour un temps», aurait dit Kadhafi d’après cette même source.
Mais le leader aurait aussi été déçu par les médias et particulièrement par la chaîne de télévision panarabe Al-Jazeera, accusée d’avoir des motivations purement politiques. Pour terminer, la source de Robert Baer affirme également que Kadhafi aurait donné l’ordre de libérer de prison un grand nombre de militants islamistes, dans l’espoir qu’ils puissent contribuer à faire augmenter le chaos dans le pays.
Kadhafi perd l’Est
Au lendemain du discours ferme du guide libyen, la Cyrénaïque, symbolisée par Benghazi, épicentre de la contestation, est désormais aux mains des opposants.
Les journalistes étrangers (désormais considérés comme hors-la-loi) qui ont réussi à entrer dans le pays confirment que plusieurs villes de l’Est, notamment Benghazi et Tobrouk, en Cyrénaïque, sont désormais sous le contrôle des opposants. Ces derniers sont rejoints par un nombre croissants de soldats de l’armée régulière qui font défection. Etrangement, ce vaste secteur, d’où est partie la contestation la semaine dernière, était calme hier.
Refus de bombarder Benghazi
Par ailleurs, un avion de chasse libyen s’est écrasé hier dans l’est de la Libye après que son pilote, refusant d’obéir à des ordres de bombarder la ville de Benghazi, se soit éjecté, a annoncé un journal libyen.
L’appareil de type Sukhoï 22 de fabrication russe s’est écrasé à l’ouest de la ville d’Ajdabiya, située à 160 km au sud-ouest de Benghazi, a précisé le journal Quryna sur son site internet, citant une «source militaire».
«Le pilote Abdessalam Attiyah Al-Abdali et le co-pilote Ali Omar Al-Kadhafi se sont éjectés avec des parachutes après avoir refusé l’ordre de bombarder la ville de Benghazi», selon la même source.
Main dans la main
L’armée libyenne n’est pas étrangère à la chute de plusieurs villes de l’Est du pays qui échappent au contrôle de Mouammar Kadhafi. Des militaires sont passés dans le camp des insurgés. «Toutes les régions orientales échappent maintenant au contrôle de Kadhafi (...) le peuple et l’armée sont main dans la main ici», a déclaré un officier, Hany Saad Marjaa, à un journaliste. A Tobrouk, les militaires passés dans le camp des manifestants dirigeaient la circulation sur les grandes artères.
Signe des divisions au plus haut niveau du pouvoir, le ministre de l’Intérieur, Abdel Fatah Younes, s’est rallié avant-hier «à la révolution», après celui de la Justice, qui avait démissionné «pour protester contre l’usage excessif de la force» contre les manifestants.
Plusieurs diplomates libyens en poste à l’étranger, rejoints hier par l’ambassadeur d’Indonésie, ont également fait défection.
Premier Etat à rompre ses relations avec le pays arabe, le Pérou a annoncé avant-hier la suspension de «toute relation diplomatique avec la Libye tant que ne cessera pas la violence contre le peuple» libyen.
Jusqu’à 1.000 morts?
Selon le gouvernement libyen, la répression a fait environ 300 morts. Mais les ONG et l’Italie évoquent pour leur part le chiffre de 1.000 victimes.
Manifestation
pro-Kadhafi à Tripoli
Des partisans du président ont répondu hier à «l’appel» lancé mardi par Mouammar Kadhafi dans son discours télévisé. Plusieurs dizaines d’entre eux se sont ainsi rassemblés dans la matinée sur la place Verte, dans le centre de Tripoli, la capitale.
Un calme précaire régnait par ailleurs dans la ville. La plupart des commerces étaient fermés et de longues files d’attente ont été signalées devant les boulangeries et les stations-service.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com