Désertification de “Tunisie la verte”/ La menace persiste





Montagnes affectées par l’effet de l’érosion, champs menacés par la salinisation et la désertification, de tels paysages fréquents dans la région de Kairouan et dans d’autres localités du Sud témoignent des dangers de la désertification auxquels fait face la Tunisie. Kairouan - Le Quotidien Estimées à 154000 km2, les zones agricoles — pour la plupart arides, semi-arides et même hyperarides — sont à moitié exposées au risque de dégradation élevée. Près de 1500 000 ha sont actuellement affectés par la salinisation et 23000 ha de terres arables sont perdues, chaque année, suite à l’érosion des sols ou à la désertification. Le danger reste quasi permanent dans certaines localités du Centre et du Sud du pays où de nombreux agriculteurs et éleveurs se démènent pour la sauvegarde des terres agricoles et des écosystèmes pastoraux, grâce à cent projets d’intervention mis en place. Dans la région de Kairouan, ville symbole de la lutte contre la désertification, de petits cultivateurs tentent d’initier de petites expériences de sauvegarde de leurs terres contre la désertification. Am Hamadi Basly, un vieux paysan rencontré dans le campement de Grira à près de 50 km de Kairouan, explique que le problème principal est l’absence de moyens adéquats pour faire face à l’érosion et à la désertification de grande envergure à laquelle la région a eu à faire face durant les dernières années de sécheresse. “Certains parmi nous utilisent encore des moyens archaïques pour sauvegarder les terres contre les risques de dégradation”, a précisé le Fellah. Sonnette d’alarme Durement éprouvées par les années de sécheresse, les régions du Sud semblent se trouver dans le pus grand besoin de protection des terres agricoles. Quatre programmes régionaux sont en cours d’exécution dans les localités de Kairouan, le Kef, Zaghouan et Siliana. Ces programmes, mis sous la tutelle du programme national de lutte contre la désertification, préconisent une approche ascendante qui vise à associer les cultivateurs à toutes les phases de l’exécution des projets. Selon M. Mohamed Ismaïl, coordinateur du projet de lutte contre la désertification, la sensibilisation aux dangers du fléau de la désertification dans ces régions constitue le cheval de bataille des interventions dans les régions bénéficiant des programmes. Le budget alloué à l’exécution de ce programme a connu une augmentation de l’ordre du quart environ. Selon Abdelmajid Jemaï, expert local du projet GTZ qui intervient dans le domaine de la lutte contre la désertification dans la région de Kairouan, la première priorité, consiste à diminuer la salinisation des terres exposées aux risques d’érosion, la restauration des terres traitées et de créer pour les populations des zones menacées des sources de revenus leur permettant de se fixer dans leur terroir. La première expérience-pilote ayant marqué la mise en pratique de cette approche est le barrage de Oued Guerra. Créé en 2002 pour retenir l’eau et permettre d’alimenter les champs de la région et la ville de Kairouan en eau potable, ce barrage a aussi d’autres fonctions. Il vise aussi la protection contre les inondations et la régénération de nouveaux écosystèmes . Sa capacité de retenue d’eau varie entre 500 000 m3 et 1,7 million de m3 par an. Néanmoins, les projets agricoles tardent à voir le jour dans cette localité. Utilisant certaines méthodes classiques pour la protection des terres et dans l’élevage, les paysans rencontrés dans la localité réclament davantage de participation financière et matérielle pour l’amélioration de la stratégie de protection des terres. Cette initiative doit, d’ailleurs relever des plans à l’intervention et y figurer en bonne place. Seulement, elle est encore absente dans certaines localités du Sud confrontées aux menaces de désertification. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com