Kadhafi agite la menace d’Al Qaïda : Qui veut noyer son chien….





Confronté à une opposition maîtresse de l’Est du pays et sommé de stopper le bain de sang par la communauté internationale, le dirigeant libyen a accusé les manifestants de servir les intérêts du chef d’Al Qaïda Ben Laden.
Le Quotidien-Agences
Dans une allocution téléphonique à la télévision d’Etat libyenne, Mouammar Kadhafi a redéployé le même argumentaire que lors de son discours d’avant-hier. A savoir : les manifestants sont des «jeunes», des «adolescents», «drogués». «Une personne est dans un coin de rue avec des cachets de drogue, pour leur demander d’attaquer un commissariat, c’est comme cela que ça se passe», a assuré le leader libyen.
Et Mouammar Kadhafi continue d’agiter le spectre du «terrorisme international», mais cette fois de manière plus précise que mardi. Il a accusé nommément Oussama Ben Laden de «manipuler» les Libyens. «Ces gens n’ont pas de vraies revendications, leurs revendications sont celles de Ben Laden», a-t-il estimé. «Pourquoi suivez-vous le chemin de Ben Laden?», demande-t-il encore aux manifestants, les menaçant de conséquences économiques désastreuses.
Kadhafi présente
ses «condoléances»
Enfin, Mouammar Kadhafi présente ses «condoléances» aux «familles de quatre personnes des forces de sécurité tuées» à Zaouiyah, une des villes insurgées, à 60 km à l’Ouest de Tripoli. Dans cette ville, des «terroristes» auraient pris d’assaut un centre d’une force sécuritaire et égorgé trois soldats, d’après l’agence officielle libyenne Jana.
Le dictateur a imputé la responsabilité du chaos libyen à son peuple: «vous détruisez vous-mêmes votre propre pays», a-t-il lancé. Et dès le début de son allocution téléphonique, hésitante et décousue, entrecoupée de silences, Mouammar Kadhafi a réitéré ses encouragements aux Libyens pour qu’ils fassent justice eux-mêmes : «sortez de vos maisons pour retenir vos jeunes, vos enfants», s’est-il exclamé. Il a appelé les Libyens à «prendre les armes» des insurgés en révolte contre son régime.
Pression
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est de plus en plus isolé hier, confronté à une opposition maîtresse de l’Est du pays et sommé de stopper le bain de sang par une communauté internationale craignant une catastrophe humanitaire.
Au dixième jour de cette révolte qui a fait des centaines de morts, les rues de Tripoli étaient quasi désertes en matinée après une nuit troublée par des tirs nourris, notamment dans la banlieue Est.
Les autorités ont notamment enlevé dans ce secteur les barrages installés par les habitants pour bloquer l’accès à certaines rues. Hier, des slogans pro-régime étaient par ailleurs tagués sur les murs dans certains quartiers.
Dans l’Ouest du pays, la ville de Zouara a été «désertée par la police et les militaires» et «le peuple tient la ville», ont affirmé des témoins arrivés dans la Tunisie voisine par la route.
«Il n’y pas de policiers ni de militaires, c’est le peuple qui tient la ville», située à 120 km à l’Ouest de Tripoli, a déclaré à l’AFP un ouvrier égyptien.
Dans l’Est, la région riche en pétrole tombée aux mains des opposants, les murs criblés de balles d’Al-Baïda étaient autant de stigmates de la violence des combats entre opposants et «mercenaires» pro-régime.
«J’ai démissionné et je suis venu à Al-Baïda pour être solidaire de mon peuple», assure le général Salah Mathek, un responsable de la police qui a fait défection comme une dizaine de généraux et de colonels. «Ils nous ont ordonné d’attaquer le peuple et j’ai refusé», explique un autre général, Abdel Aziz Al-Busta.
«On parle de marcher sur Tripoli. Notre objectif est Tripoli, si Tripoli n’arrive pas à se libérer par lui-même», dit un autre officier.
Les opposants semblent contrôler la région allant de la frontière égyptienne jusqu’à la localité d’Ajdabiya plus à l’Ouest, en passant par Tobrouk, Derna et Benghazi, épicentre de la contestation à 1.000 km à l’Est de Tripoli.
Selon des informations non confirmées d’habitants anti-Kadhafi à Al-Baïda, les partisans du «guide» sont concentrés dans la capitale, où la milice Khamis disposerait notamment de 9.000 combattants ainsi que de chars, d’avions et d’armes lourdes.
Des informations non confirmées faisaient également état d’une poursuite des combats à Musratah (150 km à l’Est de Tripoli).
L’armée régulière, de son côté, a été affectée par les mutineries, selon ces sources qui affirment que le sort de 140 officiers de Tripoli qui s’étaient retournés était inconnu.
A l’étranger, les protestations se multipliaient contre le régime de Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans mais de plus en plus isolé après avoir été lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates.
D’autre côté, Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, a indiqué que son pays était désormais accessible aux journalistes «du monde entier», dans une déclaration à sa chaîne de télévision Al-Libiya.
Un haut responsable libyen avait déclaré mercredi que Tripoli avait averti que les journalistes entrés illégalement en Libye étaient considérés «comme des hors-la-loi».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com