Statut-type des fédérations sportives : Suranné et à amender urgemment





Le statut-type prôné par la tutelle se prévaut-il de la fiabilité et de la légitimité requises? En apparence, une épineuse problématique, génératrice cependant du ralliement d’une écrasante majorité répondant par la négative.
Tout un chacun sait pertinemment que ce statut, concocté pour régir les activités des fédérations sportives olympiques, recèle une incommensurable aberration. En effet, quoi de plus attentatoire au bon sens et à la logique, que d’imposer une réglementation quelconque, dans une approche à la verticale, qui n’est pas sans rappeler la culture autocratique d’un passé proche dont les relents tardent encore à se dissiper pour laisser définitivement place aux effluves régénérateurs de la liberté? C’est que l’un des principes les plus élémentaires de la pratique démocratique exige la consultation de la base, entendons les clubs, associations, ligues… Ce dont la tutelle n’a pas tenu compte. De surcroît, il est tout à fait incohérent de réunir des fédérations relevant de spécialités différentes, parfois l’une aux antipodes de l’autre, sous un même label.
D’où la nécessité d’accorder toute la latitude à chacune d’elles d’élaborer son propre statut. Et si cette option est assez malaisée à cristalliser, la tutelle devrait au moins se résoudre à procéder sans plus tarder à des amendements, à approuver par la suite par les diverses fédérations lors d’assemblées générales extraordinaires. Dans cette perspective, la voie a été quelque peu balisées par la plus puissante fédération sportive, la FTF en l’occurrence, qui a procédé à certains amendements.
Cela dit, il n’échappe à personne que le ministère du Sport et de l’éducation physique, version après-révolution, est conscient de l’iniquité et de la teneur discriminatoire de certains articles, comme le fameux article 39 qui, dans son alinéa 3, stipule que «tout candidat à un BF doit avoir un niveau d’instruction égal ou supérieur à la deuxième année supérieure accomplie». Une restriction à effet d’exclusion, celle d’une race de dirigeants émérites, pouvant légitimement se targuer d’une riche et foisonnante expérience et un répréhensible amalgame entre le niveau d’instruction et le niveau culturel, humain et social, ainsi qu’un dangereux magma entre le savoir et le savoir-faire. Une obscurantiste philosophie de l’arbitraire totalement ignorée, voire abhorrée par les plus hautes instances internationales, comme le CIO, la FIFA, l’UEFA,…
Une vérité dont l’actuelle tutelle, toute requinquée et libéré du joug de l’endoctrinement, de l’embrigadement, est consciente. A la lumière de la sincère volonté de changement constatée dans ses arcanes.

Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com