Kadhafi ne contrôle plus le pétrole





L’opposition contrôlait hier de vastes territoires de Libye, y compris les principaux champs de pétrole, alors que le colonel Kadhafi restait sourd à la pression internationale qui s’accentue.
Le Quotidien-Agences
Au 14e jour d’une révolte sans précédent qui s’est muée en insurrection, Mouammar Kadhafi et ses forces ne contrôlent plus que Tripoli et sa région. Selon le commissaire européen à l’Energie Gunther Oettinger, les principaux champs de pétrole libyens sont désormais entre les mains de l’insurrection.
«Nous avons tout lieu de penser que le gros des champs d’exploitation (de gaz et de pétrole) n’est plus entre les mains de Kadhafi, mais se trouve sous le contrôle de tribus et de forces provisoires qui ont repris le pouvoir», a-t-il dit.
Embargo
Après l’ONU et les Etats-Unis, l’Union européenne a adopté hier un embargo sur les armes contre la Libye ainsi qu’un gel des avoirs et des interdictions de visa contre le colonel Kadhafi et 25 de ses proches.
Ces mesures, qui doivent être formellement entérinées dans la journée, pourraient entrer en vigueur dès hier, selon un diplomate européen.
La communauté internationale, Occident en tête, réfléchit en outre à une interdiction de l’espace aérien libyen afin d’empêcher des bombardements de la population.
L’Italie, bien placée avec la France pour mettre en place cette interdiction, a dit qu’elle serait «sans aucun doute utile» et «éviterait les bombardements(...) dans les zones soustraites au contrôle du régime».
Le Premier ministre français François Fillon a estimé qu’une telle stratégie nécessiterait «une décision du Conseil de sécurité des Nations unies», et l’implication de l’Otan.
Un émissaire dans l’Est
Par ailleurs, le gouvernement libyen devait dépêcher hier soir un émissaire chargé d’une aide humanitaire à Benghazi, ville de l’Est du pays contrôlée par des rebelles, a déclaré à Reuters un responsable gouvernemental.
«Un émissaire partira de Tripoli pour Benghazi. L’émissaire transporte des médicaments et des vivres ainsi que du matériel médical pour aider la population de Benghazi», a dit ce responsable qui a souhaité rester anonyme.
La chaîne de télévision Al-Jezira avait rapporté peu avant que Mouammar Kadhafi avait chargé le chef des services de renseignement extérieur libyens de discuter avec les rebelles basés autour de Benghazi. Mais le responsable gouvernemental n’a parlé d’aucun projet de négociation.
Un porte-parole du Conseil national libyen récemment constitué dimanche à Benghazi, a déclaré qu’il n’était pas question de négocier avec Kadhafi. Le Conseil national libyen a souligné qu’il se considérait non comme un gouvernement provisoire, mais comme la face politique du mouvement révolutionnaire.
Bombardement
Des dépôts de munitions dans des zones sous le contrôle de l’insurrection dans l’est de la Libye ont été visés hier par des raids aériens des forces du dirigeant Mouammar Kadhafi, selon des sources concordantes à Benghazi, la deuxième ville du pays, à 1.000 km à l’est de Tripoli.
Face à la pression croissante de la communauté internationale pour un départ du dirigeant libyen. Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, est resté inflexible, fustigeant les sanctions de l’ONU et assurant que la Libye était «complètement calme».
L’Occident se prépare à aider les opposants, qui ont créé un «Conseil national indépendant» chargé de représenter «les villes libérées».
Cet organe sera «le visage de la Libye pendant la période de transition», a déclaré son porte-parole Abdelhafez Ghoqa, alors que l’UE a indiqué être est en train «d’établir des contacts» avec les autorités de transition libyennes.
«Nous comptons sur l’armée pour libérer Tripoli», a ajouté Ghoqa.
En dehors de l’Est, l’opposition revendique le contrôle de plusieurs villes autour de la capitale et dans l’Ouest .
Marche
«Nous nous plaçons sous l’autorité du gouvernement intérimaire de Benghazi», a indiqué un dignitaire membre du comité révolutionnaire qui gère désormais Nalout, à 230 km à l’Ouest de Tripoli, précisant que d’autres villes de la région sont «aux mains du peuple».
«Nous préparons les forces pour marcher sur Tripoli et libérer la capitale du joug de Kadhafi», a ajouté ce dignitaire, Chaban Abou Sitta.
A Zawiyah, à 60 km à l’Ouest de la capitale, les manifestants anti-Kadhafi semblent contrôler la ville, mais les forces qui lui sont loyales en contrôlent l’accès et les alentours, selon des témoins.
Les villes stratégiques de Misrata, à l’Est, et Gherien, au Sud, semblent aussi sous contrôle de l’opposition.
A Tripoli, des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale par les militants pro-Kadhafi et le pain et l’essence y étaient rationnés hier, selon un habitant. Quelque 400 manifestants ont scandé des slogans hostiles à Mouammar Kadhafi dans le quartier de Tadjoura.


L’infirmière ukrainienne de Kadhafi se mure dans le silence près de Kiev
Le Quotidien-Agences
La «voluptueuse» infirmière ukrainienne qui aurait accompagné partout le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se murait dans le silence hier près de Kiev, évitant tout contact avec les médias après son retour précipité de Libye où elle a vécu neuf ans.
Une dizaine de journalistes battaient la semelle par une température de -10°C devant le domicile de Galina Kolotnitska, situé dans un immeuble de quatre étages datant de l’époque soviétique dans la banlieue de la petite ville de Brovary, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Kiev.
La sonnette électrique à la porte de son modeste appartement au rez-de-chaussée était débranchée. Des journalistes ont frappé avec insistance à sa porte, en vain. Derrière une fenêtre du logement, un rideau rouge bougeait sans que personne ne soit visible.
La fille de l’infirmière, Tetiana, a fini par sortir dans la rue enneigée et s’est dirigée précipitamment vers un magasin, avant d’être rattrapée par les journalistes.
«S’il-vous-plaît, essayez de comprendre, maman est très fatiguée maintenant. Il faut qu’elle se repose un peu», a déclaré à l’AFP cette svelte jeune femme aux longs cheveux blonds, âgée d’une vingtaine d’années.
Elle a refusé de répondre à des questions concernant sa mère, laissant entendre que celle-ci pourrait accepter de parler plus tard, puis est repartie presque en courant.
Galina Kolotnitska est arrivée à Kiev avant-hier à bord d’un avion qui a évacué environ 180 personnes de Libye.
«Ne me dérangez pas, je suis dans un tel état...», avait lancé e au quotidien ukrainien Segodnia l’infirmière qui portait de grosses lunettes de soleil en allant faire des courses avec sa mère Irina.
Cette dernière s’était montrée moins réservée. «Galia (diminutif de Galina, ndlr) ne vous dira rien! Allez tous au diable!» avait-elle hurlé à des journalistes, selon le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda.«Vous avez calomnié et diffamé ma fille en disant qu’elle était une sorte de maîtresse de Kadhafi! La seule chose que je vous dirai est que Galia ne retournera plus jamais en Libye», a lancé la mère. La fille de Kolotnitska avait confié la semaine dernière à Segodnia que sa mère avait été choquée par les violences en Libye. Des câbles envoyés par des diplomates en poste à Tripoli en 2009 et révélés par WikiLeaks indiquaient que Mouammar Kadhafi voyageait toujours avec Kolotnitska.
Le numéro un libyen «s’appuie depuis des années sur son infirmière ukrainienne, Galina Kolotnitska, que l’on décrit comme une blonde voluptueuse», est-il écrit dans l’une des notes. «Il ne peut pas voyager sans elle», selon la même source.
«Certains contacts de l’ambassade assurent que Kadhafi et Kolotnitska (...) entretiennent une relation», selon ce câble. «Sans commenter ces rumeurs, un responsable politique ukrainien a confirmé que des infirmières ukrainiennes voyagent partout avec le leader », selon la même source.
Tetiana Kolotnitska avait confirmé qu’il y avait «d’autres infirmières ukrainiennes» que sa mère avec Mouammar Kadhafi. «Il semble ne pas faire confiance aux Libyennes», avait-t-elle confié à Segodnia.
La crise qui a frappé le système de santé publique de l’Ukraine, après la chute de l’URSS en 1991, a incité de nombreux médecins et infirmières à aller travailler en Libye, où leur salaire était meilleur qu’en Ukraine. Plus de 2.500 Ukrainiens -essentiellement médecins et infirmières- se trouvent actuellement en Libye, selon des estimations officielles ukrainiennes.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com