Dans la rue comme sur les réseaux sociaux : L’épidémie des rumeurs





Quand les incertitudes planent, ce sont les rumeurs qui s’installent, enflent et colportent pour semer le désarroi. Bonjour les dégâts !
Il y a trop de détails. Il y a trop d’informations. Dénonciations, suspicion, climat de haine… Qui profite de ces ambiances tendues ? Sur les réseaux sociaux, spécialement «Facebook», il y a toutes sortes d’infos et d’intox, bien sûr, à différents degrés de gravité et de rigueur. Est-ce de l’info ou de l’intox? Nous nous demandons à chaque instant, avec ces pluies de publications qui s’abattent sur le réseau social «Facebook»… Qui devrons-nous croire? Personne ne le sait. En l’absence d’une information, précise et détaillée, la rumeur devient plus forte que toutes les puissances, que toutes les volontés et bonnes intentions. C’est l’anarchie qui s’installe quand tout le monde opte pour le silence. Cette dernière a démontré à quel point le gouvernement transitoire a eu des difficultés en matière de communication. Un coup d’œil rapide sur les derniers communiqués publiés par de nombreux ministères et vous allez constater que le flou persiste et c’est dans cette imprécision que pousse la rumeur comme une mauvaise herbe, semant la zizanie et la panique. Le dernier exemple de cette imprécision est le communiqué publié par le ministère de l’Intérieur où il appelle les «citoyens qui trouvent les armes saccagées, suite aux actes de pillage et d’incendie des postes et des districts, à les remettre au poste de police ou à la caserne les plus proches». Un communiqué où tout reste flou, ouvert à toutes les interprétations! Bonjour les dégâts ! Et c’est ainsi que certains sautent dans le train pour jouer aux héros, pour dire n’importe quoi afin de manipuler l’opinion publique avec des rumeurs et des histoires insensées.
De nombreux passionnés de jeux vidéo, des férus des séries policières ont donné libre cours à leur imagination. Chacun, à sa façon, a dressé toute une belle et bonne liste d’armes. Mais pourquoi les autorités de tutelle n’ont pas fourni, avec des images, aux téléspectateurs, plus d’explications pour qu’ils puissent vraiment contribuer à retrouver ces armes?
Ces derniers jours, les «Facebookers» ont parlé de la mise en résidence surveillée, du général Rachid Ammar, appelant les internautes à se mobiliser pour le sauver. D’autres ont lancé des appels pour s’armer de pierres et de bâtons afin de pouvoir s’exprimer librement.
«Mme, svp, vous êtes journaliste et je souhaite savoir si un couvre-feu a été décrété. Depuis, le matin on ne parle que de ça et mes employés m’ont demandé de quitter un peu plus tôt», m’a demandé à 9h00 du matin, le propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter, située tout près du journal.
«L’information est sacrée, l’interprétation est libre» et quand la précision manque, ce sont les rumeurs et les calomnies qui s’installent.
«Dans un monde où l’information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire dans tout cela est qu’elle détruit les défenses immunitaires de sa victime», a écrit Jacques Attali.
Citoyens responsables, ne faites pas circuler une information ou une vidéo si vous n’êtes pas sûrs de sa véracié. Ensemble pour lutter contre toutes ces rumeurs qui ne font que semer la panique.
Imen ABDERRAHMANI


Appel à M. Rajhi
La transparence a été la devise de M. Farhat Rajhi, ministre de l’Intérieur du gouvernement de transition. Depuis sa nomination, le ministre n’a pas tardé à dévoiler plusieurs faits et ouvrir beaucoup de dossiers. Sauf, qu’aujourd’hui, la situation exige que M. Farhat Rajhi fasse plus d’efforts pour dissiper le flou, rassurer les gens et éclaircir certains faits qui ne cessent d’alimenter les rumeurs. Notre souhait est de voir «M. Propre» expliquer avec plus de détails certaines questions comme la nature de ces armes volées, les réactions des forces de l’ordre face aux manifestants, l’appartenance de ces personnes en arrestation… D’où viennent-elles? Comment sont-elles organisées? Comment se sont-elles rassemblées? Les réponses à ces questions et à d’autres peuvent sans doute calmer les Tunisiens qui attendent les explications d’un homme à qui ils ont fait confiance.
I.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com