30 ans après sa fondation : Le mouvement islamiste «Ennahdha» légalisé





Le Mouvement «Ennahdh»a est sorti officiellement de la clandestinité hier. Une nouvelle ère s’ouvre pour cette formation islamiste qui se dit plutôt proche de l’AKP turc que des barbus algériens du FIS.
Durement réprimé sous le régime de l’ex-président, le mouvement islamiste Ennahda a été légalisé hier. «Le mouvement Ennahda vient d’être légalisé. Le récépissé a été remis par le ministère de l’Intérieur à M. Noureddine Bhiri, membre du bureau exécutif du mouvement», a déclaré son porte-parole officiel Ali Laâraïedh.
Cette légalisation intervient 30 ans après la fondation du Mouvement en 1981 par Rached Ghannouchi avec des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens.
Toléré au début de l’ère Ben Ali en 1987, Ennahdha avait été largement réprimé après les législatives de 1989 durant lesquelles ses partisans avaient recueilli au moins 17% des suffrages.
La prouesse électorale d’Ennahdha lui a valu d’être durement réprimé. Bâillonnement systématique et diabolisation se sont, en effet, abattus sur ce mouvement. Environ 30.000 militants et sympathisants sont islamistes avaient été arrêtés dans les années 90. D’autres ont été contraints à l’exil et ceux qui restés en liberté ont été condamnés à la clandestinité. Après la fuite de Ben Ali, le fondateur du parti Rached Ghannouchi rentre de son exil à Londres, le 30 Janvier 2011. Pour calmer les esprits, il déclare qu’il ne sera pas candidat aux élections présidentielles et se dit prêt à côtoyer d’autres mouvements dans la démocratie qui remplacera l’Etat autoritaire bénaliste.
Nouvelle ligne modérée
Désormais libres de leur mouvement, les militants d’Ennahdha s’efforcent de reconstruire leur mouvement et de faire leur mue. «Nous sommes en train de définir une nouvelle ligne politique», explique Ajmi Ourimi, cofondateur du parti. Selon lui, cette ligne sera proche de celle du Parti de la justice et du développement turc (AKP), au pouvoir en Turquie. «Dans les années 60 et 70, on croyait que notre rôle était l’islamisation du pays. Nous sommes convaincus maintenant que la société n’a pas besoin d’islamisation mais de démocratisation. La religion n’est pas en danger en Tunisie. Le peuple est attaché à son identité musulmane. Les Turcs ont montré le chemin : on peut vivre sa religion et être ouvert à la modernité, bâtir une démocratie sans être en contradiction avec ses convictions religieuses», affirme M. Ourimi
Le chef historique du mouvement, qui devrait passer la main lors du prochain congrès du parti prévu dans quelques mois, multiplie, lui aussi, les déclarations rassurantes. «La polygamie est rejetée par la loi et donc elle ne peut être permise. En plus, notre code du statut personnel s’inspire de la Chariaâ, chose qu’on a acceptée. La question du Hijab est une question personnelle. Chacun est libre de ses choix», confiait-il récemment.
Les sceptiques observeront de près l’attitude d’Ennahdha dans les prochains mois pour vérifier si ses actes correspondent à sa rhétorique modérée…


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com