Fermeture provisoire des frontières pour éviter le chaos





Le Haut comité des réfugiés relevant des Nations Unies a qualifié de «catastrophe humanitaire»
la situation à la frontière tuniso-libyenne.
Les événements survenus ces deux derniers jours à Ras Jedir ont confirmé les inquiétudes de tous les observateurs internationaux et des médias présents sur place. Le flux des Egyptiens fuyant la Libye a submergé la capacité des structures d’accueil disponibles en Tunisie. Le problème réside dans la difficulté de leur transit vers l’Egypte. D’où ces interminables problèmes d’hébergement sur lesquels tout le monde n’a cessé d’attirer l’attention.
Aide internationale insuffisante
Pour mieux comprendre la situation et pourquoi on en est arrivé là, il serait utile de rappeler qu’un membre de la première délégation de la commission européenne dépêchée sur place au tout début des événements a répondu aux inquiétudes des médias en disant : «Pour le moment, les autorités tunisiennes contrôlent la situation». Pourtant, tous les indicateurs annoncent le flux massif des Egyptiens par la frontière tunisienne. Et comme leur nombre en Libye s’élève à un million et demi, il fallait s’attendre à l’ampleur de la catastrophe.
Donc, la communauté internationale n’a pas anticipé. Elle a préféré réserver sa réaction après l’installation de la catastrophe humanitaire. Et même face à l’ampleur de la catastrophe, les aides internationales sont encore timides. La commission européenne n’a débloqué que trois millions d’euros d’aides humanitaires (sur les deux frontières et, même, à l’intérieur de la Libye!).
«Pourtant, un branle-bas européen a accompagné l’afflux de quelques milliers de Tunisiens à Lampedusa et un plan d’urgence européen a été décrété», s’indigne Hassine, membre du Comité d’accueil des réfugiés à Ben Guerdane. «Est-ce que la commission européenne aurait réagi de la même façon si une telle situation était survenue en Israël?», s’interroge-t-il en demandant «une assistance urgente de la communauté internationale pour résoudre la problématique du transit des Egyptiens».
M.S.


Le flux par les chiffres
- 75.000 arrivées recensées, jusqu’à hier à midi, dont près de 40.000 Egyptiens.
- 12.000 Egyptiens ont été déjà rapatriés. 60 vols et 2 rotations par bateau.
- 14.000 arrivées durant la première moitié de la journée d’hier.
- 20.000 personnes attendent du côté libyen de la frontière.
- 12.000 personnes est la capacité actuelle du camp HCR à Ras Jedir.
- 20.000 personnes est la capacité prévue à partir d’après-demain.


M.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com