Crise libyenne : L’opposition se prépare à marcher sur Tripoli





Le Quotidien-Agences
L’insurrection contre le colonel Kadhafi est entrée hier dans sa troisième semaine mais le dirigeant libyen s’accroche au pouvoir malgré la pression croissante des Occidentaux.
Au 15e jour d’un soulèvement sans précédent, Mouammar Kadhafi et ses forces ne contrôlent plus que Tripoli et sa région. Mais l’opposition n’hésite plus à défier le pouvoir dans les faubourgs de la capitale. Dans plusieurs quartiers, des jeunes taguent les murs de la ville de slogans anti-Kadhafi, alors que l’opposition, basée à Benghazi (Est), se prépare à marcher sur Tripoli.
Economiquement, le leader libyen est menacé, l’insurrection contrôlant les principaux champs de pétrole du pays. L’opposition a annoncé la reprise imminente des exportations de pétrole à partir de l’Est du pays.
La communauté internationale s’interrogeait sur les moyens de mettre fin à la crise alors que de son côté, l’opposition craint qu’une opération militaire de la communauté internationale la dépossède de son soulèvement alors que l’armée américaine positionne des forces navales et aériennes autour de la Libye.
Embargo sur les armes
Après l’ONU et les Etats-Unis, l’Union européenne a adopté lundi un embargo sur les armes contre la Libye ainsi qu’un gel des avoirs et des interdictions de visa contre le colonel Kadhafi et 25 de ses proches.
Des informations, obtenues auprès de témoins, sur des raids aériens des forces loyales à Kadhafi ont été démenties par les autorités libyennes. Ces derniers jours, des vols soupçonnés d’être liés à un trafic d’armes entre le Bélarus et la Libye ont été repérés par l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm.
Face à la pression croissante, Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, est resté inflexible.
«Mon peuple m’adore. Ils mourraient pour me protéger», a-t-il affirmé dans un entretien avec la chaîne de télévision ABC. Des déclarations qualifiées de «délirantes» par l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Susan Rice.
Les Etats-Unis ont accusé lundi le gouvernement libyen de brouiller la retransmission des programmes des chaînes d’information étrangères, soulignant que cette initiative démentait les propos du colonel Kadhafi selon lesquels tout est calme dans le pays.
Notons que les opposants ont créé un «Conseil national indépendant» chargé de représenter «les villes libérées».
En dehors de l’Est, l’opposition revendique le contrôle de plusieurs villes autour de la capitale et dans l’Ouest, dont Nalout (230 km à l’Ouest de Tripoli) et Zawiyah (60 km à l’Ouest de la capitale). Les villes stratégiques de Misrata, à l’Est, et Gherien, au Sud, semblent aussi sous contrôle de l’opposition.
Mais avant-hier soir à Misrata, des forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont tiré sur des passants faisant au moins deux morts et un blessé grave, a indiqué à l’AFP un témoin joint par téléphone.
A Tripoli, des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale par les militants pro-Kadhafi et le pain et l’essence y étaient rationnés, selon un habitant.
Pause
Les cours du brut ont marqué une pause hier dans les échanges en Asie par rapport à leur forte progression enregistrée depuis le début des troubles au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite ayant promis d’«assurer la stabilité du marché pétrolier».
Le baril de «light sweet crude» gagnait certes 44 cents à 97,41 dollars, mais avait dépassé les 100 dollars la semaine dernière, tandis que le Brent de la Mer du Nord grappillait 62 cents à 112,42 dollars, après avoir approché les 120 dollars il y a quelques jours.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com