Iran : Opposition et pouvoir à couteaux tirés





Des sources de l’opposition iranienne affirment l’existence des manifestations et des sources proches de l’Etat parlent d’une situation calme.
Le Quotidien- Agences
Les forces de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser hier des partisans de l’opposition qui tentaient de se rassembler dans le centre de Téhéran, selon des sites d’opposition.
Le site internet du quotidien gouvernemental Iran a affirmé que «toutes les informations venant des différents quartiers de Téhéran font état d’une situation calme et normale».
Les correspondants de la presse étrangère en Iran ne sont pas autorisés à couvrir sur place les manifestations de l’opposition.
Les affrontements ont eu lieu hier après-midi, notamment autour de l’université de Téhéran et de la grande place Azadi, selon les sites Kaleme.com et Sahamnews.org des deux leaders de l’opposition réformatrice, Mir Hossein Moussavi, ancien Premier ministre, et Mehdi Karoubi, ancien chef du Parlement.
Ils se sont produits alors que les forces de l’ordre, massivement déployées dans la capitale, tentaient d’empêcher plusieurs rassemblements, selon Kaleme qui a fait état d’un «grand nombre de manifestants».
Kaleme et Sahamnews ont fait état de «tirs de gaz lacrymogènes», et «d’attaques massives» des forces de l’ordre contre des «petits groupes de quelques centaines de personnes se rassemblant de façon sporadique».
Cette manifestation, la troisième en deux semaines, avait été interdite par les autorités.
Au moins cinq personnes ont été arrêtées à Téhéran, selon le site d’opposition Rahesabz.
Les manifestants scandaient «Mort au dictateur», ainsi que «Ya Hossein, Mir Hossein» en allusion au nom de Moussavi, selon Kaleme et Sahamnews.
Calme
Le site du quotidien gouvernemental Iran a néanmoins affirmé, citant ses journalistes, que «les lieux présentés (par les sites d’opposition) comme ceux de rassemblements de fauteurs de troubles sont calmes et les gens y font leurs courses de Nouvel an», le Nouvel an iranien intervenant 21 mars.
Plusieurs sites d’opposition avaient appelé les partisans de Moussavi et de Karoubi à manifester pour réclamer la libération des deux leaders de l’opposition.
Les deux opposants, officiellement accusés d’être des «traîtres» au régime, ont été placés en résidence surveillée stricte à leur domicile, et ils sont depuis totalement coupés du monde extérieur sans aucun contact avec leurs proches.
Leurs proches ont affirmé qu’ils avaient été arrêtés et emprisonnés. Mais les autorités judiciaires ont démenti.
Ces mesures à l’encontre des deux opposants ont été prises après leur appel à des manifestations qui ont rassemblé plusieurs milliers d’opposants le 14 février à Téhéran et dans plusieurs villes du pays, pour la première fois depuis un an.
Plusieurs capitales occidentales ont critiqué le sort réservé à Moussavi et Karoubi, devenus les principales figures de l’opposition réformatrice iranienne après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com