Tourisme : Stratégie de sauvetage du court et moyen termes





M. Mehdi Houas a affirmé que l’action de son ministère s’inscrit à l’heure actuelle dans une dynamique de sauvetage. Mais il s’agit aussi, selon lui, d’une dynamique qui construit pour l’avenir.
Répondant aux interrogations des journalistes quant à l’avenir du secteur qui représente 7% du PIB et fait vivre 400 mille familles tunisiennes, M. Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme s’est dit hier «très optimiste» parce que, selon lui, «l’avenir de la Tunisie se construit à moyen et à long termes». Pour le tourisme, le ministre a noté que «l’année 2011 sera inévitablement difficile durant laquelle l’économie va connaître beaucoup de difficultés et au cours de laquelle le secteur va perdre de l’argent».
M. Houas, qui parlait lors de la conférence de presse donnée hier avec M. Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat français chargé du commerce, de l’artisanat et du tourisme, a par ailleurs considéré que le recul affiché par le tourisme national après le déclenchement de la révolution et qui est évalué à plus de 45% depuis le début de l’année, est «le prix à payer» pour un avenir meilleur. Il croit également que «2012, 2013 et 2014 seront des années exceptionnelles».
Dans le même sens, le ministre voit que «2011 est une année d’investissement qui va nous permettre de relancer la Tunisie sur une dynamique qui sera différente». Pour concrétiser cet objectif, il pense qu’il ne faut jamais hypothéquer le devenir de la saison touristique tout en assurant se «battre minute après minute, seconde après seconde pour sauver cette saison touristique». Il a tenu aussi à rappeler que c’est «à la fin de l’année que le décompte doit être fait».
Rappelant qu’il traite des portefeuilles très proches avec son homologue tunisien, en l’occurrence le commerce, l’artisanat et le tourisme, M. Frédéric Lefebvre a souligné qu’ils ont beaucoup parlé et ont conclu qu’il est essentiel de mêler l’artisanat, le tourisme et le commerce dans un élément de force pour développer le tourisme. Parmi les sujets sur lesquels les deux ministres se sont mis d’accord pour travailler ensemble, M. Lefebvre a annoncé la mise en place de groupes de travail sur un certain nombre de sujets comme le classement des hôtels qui est un sujet d’actualité en France, puisqu’elle vient à peine de changer le classement des hôtels parce qu’ils n’étaient pas conformes aux normes internationales. Dans cette perspective, le secrétaire d’Etat français annonce que son pays doit être disposé à offrir tout ce qui est censé aider les professionnels du tourisme tunisien à aller un peu plus vite et éviter certains points de blocage dans ce sens.
En matière de communication, M. Lefebvre a indiqué, d’autre part, que d’après ses constats faits depuis Paris et après les concertations avec Boris Boillon, l’ambassadeur de France à Tunis, il a affirmé qu’il y a une vraie mobilisation en France au-delà du gouvernement pour essayer de contribuer au mouvement de marketing destiné à communiquer la nouvelle image de la destination Tunisie. M. Lefebvre note, dans ce contexte, que le groupe mondialement connu sous l’enseigne déco affichage a manifesté son intérêt de participer à la campagne de communication lancée par la Tunisie. Dans un courrier qui a été remis au ministre tunisien, ce groupe se propose en effet de discuter avec le ministère tunisien du tourisme les conditions d’une campagne gratuite qui sera destinée aux Français et au-delà à tous les Européens à travers éventuellement le Quai d’Orsay par lequel passent tous les citoyens français et les touristes européens.
Le soutien de la France pour relancer le tourisme tunisien devrait également se manifester par l’organisation d’un séminaire pour échanger les expériences et résoudre un certain nombre de problématiques dans le secteur.
Hassan GHEDIRI


Une destination à haut risque ?
A propos des messages véhiculés par un certain nombre de tours opérateurs français sur leurs réseaux de vente dans lesquels ils conseillent leurs clients de ne pas voyager en Tunisie qu’ils considèrent une destination touristique à haut risque, le secrétaire d’Etat français a souligné que toutes les interdictions de voyage vers la Tunisie ont été levées depuis le 13 février dernier. L’essentiel, selon lui, c’est que les Français, qui forment le premier marché touristique de notre pays, vont pouvoir découvrir la Tunisie au-delà de ce qu’ils connaissaient auparavant. M. Mehdi Houas pense dans le même cadre qu’à travers ce qui sera rapporté par les médias français, «les Français vont constater que dans le domaine du tourisme, la Tunisie est loin, loin, loin d’être une destination à haut risque».
H.G.


Montrer le vrai visage de la Tunisie
La nouvelle image de la destination Tunisie que le ministère voulait transmettre en partenariat avec la France et les autres partenaires historiques consiste, selon M. Mehdi Houas, «à ne plus montrer la Tunisie masquée comme on faisait auparavant avec la plage et le soleil et rien d’autre». Aujourd’hui, l’objectif est de montrer la Tunisie telle qu’elle est parce qu’elle est magnifique.
H.G.


Après «Dégage !», «Reste !»
Répondant à une question qui porte sur la possibilité de le voir suivre la vague des démissions déclenchée par la sortie de M. Mohamed Ghannouchi du gouvernement provisoire, M. Mehdi Houas a laissé entendre que ceci dépendrait de ce que décideraient ceux qui n’ont répété jusqu’ici que les campagnes «Dégage !». «Maintenant, il faut, peut-être, lancer les campagnes «Reste !», dit-il souriant.


H.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com