Marché parallèle : Retour en force





Après que les agents des procédures municipales ont débarrassé l’Avenue Habib Bourguiba des marchands ambulants, ces derniers viennent de s’installer à la place Habib Thameur.
«Tout est à cinq dinars, ne ratez pas l’occasion», clame un vendeur de produits cosmétiques. Tout près, ce sont une dizaine de vendeurs qui suivent la tendance et font la promotion de leurs produits. A première vue, on se croit à Sidi Boumendil, mais non, nous sommes à la place Habib Thameur qui s’est transformée en un gigantesque souk.
On y trouve de toutes les couleurs et pour tous les goûts, des produits cosmétiques aux faux bijoux en passant par les cigarettes et les petits articles de décoration, chaque marchand essaie de promouvoir ses produits exposés. Certains se font aider par des enregistrements afin de promouvoir leurs produits et font passer la bande en boucle afin de ménager leur voix.
Squattant une place stratégique d’où passent un bon nombre de personnes tous les jours, ces marchands voient leurs produits se vendre comme des petits pains, comme l’affirme Mohamed Salhi, un jeune vendeur: «On arrive à gagner notre vie et on ne fait rien d’illégal. Les produits de la contre-bande sont, depuis toujours, disponibles et en plus c’est mieux que voler, n’est-ce pas?»
Les passants ne se font pas prier pour prendre d’assaut les étals, et là, c’est tout un spectacle qui se met en place. Les discussions concernant les prix sont aussi drôles que sérieuses. Généralement, les produits exposés attirent plutôt la clientèle féminine.
Les marchands affirment tous que leurs produits ne proviennent pas des actes de vandalisme (et qui pourrait l’avouer?).
Ce grand nombre d’étals installés un peu partout sur les trottoirs de la place Habib Thameur et la place République a certes été appréciée par une clientèle qui n’a pas les moyens de s’offrir les produits cosmétiques de luxe, mais ça a également engendré la colère de quelques passagers, à l’instar de Insaf Hamdi, une jeune femme qui attendait le bus, et qui a affirmé: «Je prends le bus tous les jours d’ici et franchement j’en ai marre. On n’arrête plus de me harceler et ça devient de plus en plus insupportable, en plus il y a trop de monde ici».
Quelques commerçants de la place ont également manifesté leur ras-le-bol en affirmant que les clients, surtout les femmes, ne peuvent plus regarder les produits qu’ils exposent à cause des grossièretés qui ne cessent d’éclater de temps à autre.
Quoi qu’il en soit, le marché parallèle semble reprendre de plus belle et c’est l’absence des agents des procédures municipales qui nous laisse perplexes.

Meher KACEM


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com