Polémique en France autour de Hakim Karoui : L’homme qui a voulu sauver le soldat Ben Ali





Hakim Karoui, nommé en mai 2010 président de l’Institut des cultures d’Islam (ICI) à Paris
par le maire Bertrand Delanoë, s’est retrouvé hier visé par une demande de démission pour avoir
écrit des fiches techniques de «sortie de crise» mi-janvier au président déchu tunisien Ben Ali.
Le Quotidien-Agences
Le site Médiapart, qui a révélé l’affaire mercredi, relayait hier une pétition lancée par des élus, militants, artistes, intellectuels et personnalités réclamant «la démission de Hakim Karoui».
Exerçant les fonctions de président bénévole de ce centre culturel, Karoui — par ailleurs banquier chez Rothschild et administrateur au CA de Orange en Tunisie — a répondu hier dans une lettre au Conseil d’administration de l’ICI, que l’AFP s’est procurée.
Il se défend d’avoir été le «conseiller» de Ben Ali et dit «souhaiter de tout cœur que la révolution tunisienne réussisse».
«Dans un contexte de tension extrême et d’inquiétude sur les dérives du pouvoir, j’ai eu l’occasion de faire part de mon indignation à Marwan Mabrouk (...) marié à une fille du premier lit de Ben Ali» qui «m’a demandé dans la dernière semaine du pouvoir de l’ex-président de lui envoyer des idées avec l’intention d’essayer de les lui faire passer».
«L’objectif était d’essayer de faire baisser la violence et d’organiser une transition pacifique vers la démocratie», se justifie Karoui.
Mediapart a révélé deux lettres, que l’AFP s’est procurées, l’une datée du 12 janvier, la seconde du 14, jour de la fuite de Ben Ali, toutes deux intitulées «à l’attention de son Excellence le Président Ben Ali» et évoquant «un scénario de sortie de crise».
On peut lire dans la première les conseils suivants: «sanctionner les responsables qui ont mal fait leur travail», «envoyer un message de compassion aux familles des victimes»; et dans la lettre du 14 janvier celui d’«arrêter de suivre les journalistes étrangers», ou encore de «réunir les partis politiques existant et annoncer que de nouveaux vont pouvoir être créés bientôt».
Vif émoi
Plusieurs élus du XVIIIe arrondissement où se situe l’ICI ont fait part hier de leur «vif émoi». Ian Brossat (PCF) et Danielle Fournier (EELV) ont demandé une réunion «dans les plus brefs délais» du CA de l’Institut, dont ils sont membres.
Interrogé mercredi sur France Culture, Delanoë avait assuré ne pas connaître «les notes qu’a pu faire Karoui», mais lui faire «totalement confiance» car il lui a «toujours dénoncé la corruption et les atteintes aux droits de l’homme» en Tunisie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com