«Le Quotidien » à Ras Jedir : Bengalis, les derniers servis





Des milliers de Benglalis ont fait hier à pied les sept kilomètres de trajet entre le poste frontalier de Ras Jedir et le camp de réfugiés de Choucha, installé pour accueillir les personnes ayant fui la Libye.
De notre envoyé Mourad SELLAMIO
La logistique mise en place par le comité d’accueil des réfugiés à Ras Jedir, épaulé par les différentes organisations internationales, était hier dans l’impossibilité de gérer en même temps le départ des Egyptiens chez eux et le transit des Bengalis au camp de Choucha à sept kilomètres du poste frontalier de Ras Jedir.
La priorité a été accordée, semble-t-il, aux Egyptiens qui partent définitivement chez eux libérant les autorités locales d’un grand fardeau. Près de 16.000 Egyptiens ont été ramenés chez eux durant les deux derniers jours grâce à un dispositif aérien français venant renforcer les rotations égyptiennes. Plus de 58 départs ont été enregistrés pour la seule journée d’hier, principalement vers l’Egypte.
Dans le même élan, les Egyptiens rentrant hier de Libye n’ont pas transité par le camp de Choucha et ont été installés dans des campements à Ben Guerdane et Zarzis, plus proches de l’aéroport de Djerba. Ils rentreront bientôt chez eux, sur l’une des rotations massives organisées pour eux durant les jours à venir. Mais d’autres nationalités attendent encore leur tour.
Angoisse
Aussitôt le camp de Choucha fut-il libéré par les Egyptiens, rentrés par milliers chez eux qu’il fut pris d’assaut par les Bengalis, dont des milliers ont fait hier la route à pieds, alourdis par leurs bagages.
Selon plusieurs témoignages, ces Bengalis ont déjà subi plusieurs sévices en Libye allant même jusqu’à leur demander 200 dinars pour quitter le territoire. Ils ont attendu plus d’une semaine avant d’avoir l’autorisation d’accéder en Tunisie. Ils sont au poste frontalier de Ras Jedir depuis trois jours. Donc, le fait de s’installer dans un camp, « c’est déjà une meilleure situation », pense Muhamed Amin, un ouvrier de 37 ans, venant de Daka, la capitale et résident en Libye depuis trois ans.
Tous ces Bengalis appellent la communauté internationale à leur venir en aide pour pouvoir rentrer chez eux.
Le général Essoussi, chef du camp de Choucha, pense lui aussi que cette population pose plus de problèmes que les Egyptiens parce que « le Bengladesh, c’est à huit heures de vol ».
« La communauté internationale doit faire plus d’efforts pour les faire rentrer chez eux car, on peut s’attendre au pire de l’autre côté de la frontière et il faut que l’on soit prêt », poursuit-il.
Donc, le SOS humanitaire est toujours là, doublé d’un risque d’épidémie.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com