La révolution en marche : La deuxième République pointe à l’horizon





Le président par intérim, Foued Mebazaâ, a lancé la procédure à suivre pour la transition démocratique: un gouvernement pour la reprise socioéconomique et une Assemblée constituante comme choix politique.
La recette annoncée pour la Tunisie démocratique est donc claire. Pour ce qui est de la vie courante, c’est un gouvernement de techniciens qui fera de son mieux pour aider à la reprise de l’activité économique et de la marche courante des rouages de l’Etat. Aucun membre de ce gouvernement ne saurait postuler à un poste d’élu. C’est ce qui justifie la démission des ministres politiques: Ahmed Brahim, Premier secrétaire d’Ettajdid et ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Néjib Chebbi, chef historique du PDP et ex-ministre du Développement régional et local, ainsi que Faouzia Charfi, militante de la gauche démocratique et ex-secrétaire d’Etat de l’Enseignement supérieur.
Concernant le volet politique, c’est finalement vers une Assemblée constituante que s’oriente la Tunisie pour asseoir sa deuxième république. Les élections se dérouleront le 24 juillet prochain, soit la veille de la fête de la République. La commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique veillera à l’élaboration d’une nouvelle loi électorale en vertu de laquelle se déroule le processus électoral. Mais, comment se présente une Assemblée constituante et qu’est-ce qui la différencie d’une Assemblée normale ?
Une constituante
Selon M. Kais Saied, la décision d’élire une Assemblée nationale constituante «répond pleinement aux aspirations du peuple tunisien». Car, «il convient de rompre définitivement avec l’ancienne légalité devenue désormais caduque, du fait qu’elle ne représente pas la volonté du peuple. Donc, les élections du 24 juillet prochain vont mettre en place une Assemblée nationale constituante qui veille à élaborer une nouvelle Constitution, émanation de la volonté du peuple, avant de procéder à l’organisation des élections présidentielle et législatives».
Par ailleurs, le président de la République par intérim a indiqué que «dans le but d’élire l’Assemblée nationale constituante démocratiquement et conformément aux principes de la révolution, un système électoral spécial sera mis en place à cet effet».
De son côté, le professeur Sadok Belaid a insisté sur «la nécessité de transcender les difficultés juridiques liées à l’organisation des élections relatives à la mise en place d’une Assemblée nationale constituante, compte tenu du fait qu’il s’agit d’une course contre la montre pour remettre le pays sur la bonne voie et ne pas le laisser sombrer dans une situation dont il pourra s’en passer».
Quant au Professeur Rafaâ Ben Achour, il a expliqué que l’appel à l’élection d’une Assemblée nationale constituante «marque une coupure avec la lettre et l’esprit de l’article 57 de la Constitution et sauvera la Tunisie des tractations oiseuses. Elle permet au pays de transiter de la phase de la légalité constitutionnelle vers la légalité révolutionnaire qui suppose l’implication du peuple dans la définition des contours de son propre destin».
Embûches
La commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, annoncée par le président Mebazaâ, se penchera, d’abord, sur l’élaboration d’un projet de texte légal concernant sa propre création. Mais elle examinera surtout les moyens de bien réussir sa mission de préparation des élections de l’Assemblée nationale constituante.
Cette commission sera constituée de personnalités politiques et nationales, de représentants des différents partis politiques, d’instances, d’organisations, d’associations et de composantes de la société civile dans la capitale et dans les régions et qui ont contribué à la révolution et l’ont soutenue. Ses débats sont appelés à être efficaces pour réussir rapidement à dépasser les différends et à mettre sur pied des mécanismes électoraux à même de permettre à la Tunisie d’avoir sa constituante dont la mission se limite à doter le pays d’une nouvelle Constitution pouvant transmettre au monde l’image authentique de la révolution tunisienne et lui octroyer la place qui lui revient dans la civilisation humaine.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com